FONZO BO LE MAGNIFIQUE
Cette pièce de l'Argentin Rafael Spregelburd fait partie d'un ensemble qui s'inspire des « Sept péchés capitaux » de Jérôme Bosch. Un texte fou pour acteurs survoltés. Elle perd un peu en
puissance dans la grande salle de Chaillot. Mais déjà l'acteur Marcial Di Fonzo Bo prépare « La Paronïa » du même auteur pour octobre alors qu'il sera au prochain Festival d'Avignon dans une
rareté de Victor Hugo « Angelo, tyran de Padoue ».
Dire précisément combien il y a de personnages dans « La Estupidez », pièce de l'Argentin Rafael Spregelburd, est quasiment impossible. Une bonne vingtaine au moins... pour cinq comédiens !
Survoltage garanti. La saison dernière, dans la (relative) petite salle Gémier du théâtre de Chaillot, ça déménageait sévère sur un rythme totalement foutraque. Or, toujours à Chaillot,
mais sur la grande scène Jean Vilar, la fièvre perd quelque peu de sa force et de sa compréhension ... sauf à être placé près du plateau. Dommage pour une pièce logiquement chargée aux
amphétamines par l'auteur et par la mise en scène que co-signent Marcial Di Fonzo Bo - il joue également quelques rôles - et Elise Vigier.
Vaudeville façon polar
Au delà de ce problème d'espace, reste le fond et la forme de la pièce. De ce boulevard du crime déjanté où les dialogues fusent comme un feu d'artifice pour mieux éclairer quelques « conneries »
(estupidez au singulier) du monde, le nôtre. Les cinq excellents comédiens -Marina Foïs, Karin Viard, Marcial Di Fonzo Bo, Pierre Maillet et Grégoire Oesterman- courent, se font peur, se
cherchent, maintiennent le suspens, sur un rythme rappelant les bons vaudevilles façon polar.
Dans cet univers où il est question d'art contemporain, de marchés, de mensonges, d'héritages peuplés d'espions, de flics, de chercheur fou et de stars ratées, Rafael Spregelburd emprunte à la
BD, au cinéma, au pop'art et au dialogue brindezingue. Il entend bien poursuivre dans cette voie puisque ce texte s'inscrit dans un travail plus global inspiré des « Sept péchés capitaux »
d'après Jérôme Bosch.
Déjà à la prochaine rentrée, en octobre ici même à Chaillot, une œuvre de la même veine, « La Paranoïa » sera à l'affiche avec aux manettes de la mise en scène Di Fonzo Bo. Un Marcial infatigable
ou insatiable, puisqu'il trouve le temps actuellement de répéter son rôle dans « Angelo, tyran de Padoue », pièce de Victor Hugo que met en scène Christophe Honoré pour le tout prochain Festival
d'Avignon !
Jean-Pierre BOURCIER (Paris)
« La Estupidez »/La Connerie
Texte de Rafael Spregelburd
Traduction de Marcial Di Fonzon Bo et Guillermo Pisani
Avec Marina Foïs, Karin Viard, Marcial Di Fonzo Bo, Pierre Maillet et Grégoire Oesterman.
Mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo
Dramaturgie : Guillermo Pisani
Décor : Vincent Saulier
Lumière : Maryse Gautier
Costumes : Anne Schotte
Musique : Claire Diterzi
Jusqu'au 14 juin au Théâtre National de Chaillot, 1 Place du Trocadéro 75116 Paris.
Réservations : 01 53 65 30 00.
www.theatre-chaillot.fr
Du 18 au 20 juin au Théâtre national de Toulouse
Une production : Théâtre national de Chaillot/ Théâtre national de Bretagne/ Théâtre des Lucioles/ Le Duo Dijon.
pour sûr j'irais voir la prochaine pièce de difonzo bo !