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Festival d'Avignon

11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 12:06
L'INVITATION AU DERNIER VOYAGE

Qui montera à bord d’Ulyssia, Paquebot ou vieille coque de noix si tendrement conduite par Valentin, matelot qui vit avec Valentino, son fils, sur cette fragile embarcation ? Le comédien, dramaturge et metteur en scène, Rémy Boiron y joue tour à tour l’histoire de plusieurs personnages qui ont pour point commun d’être âgés. Avant de vivre ce que sera le dernier voyage ou le naufrage d’une vie, l’embarcation qui porte le nom d’une femme, « parce qu’il n’y a qu’une femme pour porter ça », se transforme peu à peu en centre de gérontologie. Mais ce ne sont pas ici ces vieux que chantait Jacques Brel qui vont du lit au lit ou sont devenus taiseux.

Tout commence avec le souvenir de ce bal perdu dont on a égaré ou presque la mémoire mais qui semble éternel. Tout cela a parfois un goût de péremption, de dépassement. Et le comédien force le trait incarnant Madame Rose, le Baron ou Marguerite en changeant ses masques avec l’habilité d’un funambule. Peu à peu, une vision poétique et drôle aborde la question si sensible de la fin de la vie, le tout empaqueté dans une perlée de mot, un bijoux de tendresse florale. Car dans ce voyage, les femmes ont des noms de fleurs tandis que le grand cirque de la vie fait sa comédie. Du mime, de l’humanité, et puis ce sentiment inébranlable que tout est joué puisque face au crépuscule de sa vie, nul rang, nulle race, rien ne peut empêcher la fin d’arriver. Et pour cause, on est dans le même bateau. Tout y est. Jusqu’à la métaphore de la mer et de la mère que Valentino n’a plus, qu’il cherche, réclame… Et ce père si mal préparé au veuvage, perdu sous la lourdeur des épreuves de la vie, lui qui a juste l’âge d’être père, touche à n’en point douter au plus profond de soi.

C’est un délicat voyage qui transporte le public du rire à l’émotion. Les temps du récit se succèdent et s’enchevêtrent ainsi de l’humour jusqu’à la gravité. Les tentacules du temps se déploient toujours plus loin, d’un mouvement incessant. Mais enfin, c’est pourtant la solitude de l’âge qui pousse les personnages à la confession, jusqu’à une dernière baignade dans l’eau salée que l’on finit par entendre presque claquer sur ces peaux qui ne seront jamais plus fermes. Et ce retour à la source qu’est la mer. « Circulez, c’est du passé », s’exclame le comédien aux multiples facettes. Parce que mourir c’est un peu renaître, et naître c’est aussi mourir car c’est passer d’un monde à un autre. Ici, le passage se réalise dans un bain aquatique, comme avant de naître comme pour mieux mourir. L’heure est proche lorsque l’on se voudrait à nouveau dans le ventre de sa mère. Mais qui sont ces gens ? Ceux qui ont embarqué sur Ulyssia ? Qui est cette Rose rattrapée par l’enfance vêtue d’un tutu rose presque blanc que le temps a délavé ? Qui est ce Baron qui ne cesse de répéter « c’est intérieur mais nous pouffons » ? Au fond, c’est peut-être bientôt nous.

Christelle ZAMORA
www.ruedutheatre.info

Ames à grammes, de Remy Boidron

L’Etincelle 14, place des Etudes Tel : 04.90.85.43.91
Se joue du 6 au 28 juillet, les jours pairs à 12h00.

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Published by Christelle Zamora - dans Festival Off 2006
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