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Festival d'Avignon

11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 12:43
UN TAILLEUR HAUT EN COULEURS

Ce matin là, Moulineaux, pourtant jeune marié, rentre épuisé après une nuit difficile durant laquelle il a tout essayé pour tromper sa femme avec Suzanne. Mais, malgré toute sa bonne volonté, la chose n’est pas si simple. Que faire lorsque l’on découche et que votre femme s’en aperçoit ?


Tailleur pour dames a été, en 1887, le premier succès de Georges Feydeau. La pièce actuellement présentée en Avignon reste d’un comique décapant. Et dans la biographie de l’auteur, un détail saute aux yeux : son propre mariage s’est soldé par un échec. C’est peut-être la raison pour laquelle il nous en donne un tableau si féroce. Si la mise en scène est fidèle au texte d’ailleurs truffé de farces conjugales, l’interprétation qui est donnée de cette comédie en trois actes par la Compagnie Dellie, originaire d’Ille et Vilaine, est époustouflante à plus d’un titre. Le décor planté au milieu de la scène est construit de cinq portes rouges et d’un brancard de médecin. Il faut dire que Moulineaux exerce cette profession. Ce notable, marié depuis tout juste six mois, s’est rendu au bal de l’Opéra et a passé la nuit dehors. Son épouse Yvonne, n’en sait rien ou plutôt le découvre au matin. Il n’a pas de mobile mais bientôt, Bassinet, vient lui demander un service et devient un alibi malgré lui. Sur ces entrefaites, la belle-mère débarque. Et voilà que sa fille lui confesse l’escapade de son mari. Il en découle une succession de rencontres entre les époux trompés, les amants, et la belle-mère. Et puis tout d’un coup, tout se mélange, le médecin est pris pour le couturier, puis pour le mari trompé, le patient pour le docteur… Dans l’art du quiproquo, les comédiens s’en donnent à cœur joie. Le public aussi. Le choix excentrique des costumes inspirés des années 70 rajoute au comique de la pièce une dimension moderne et inattendue. Au diable le traditionnel intérieur bourgeois ! Les portes qui claquent donnent vie à ce triangle amoureux. Essoufflant. Poursuites, courses et interpellations donnent corps à des intrigues parallèles devant comme derrière les portes où les comédiens continuent à jouer. Le décor évoluera cependant au rythme des mensonges et péripéties de ce mari volage. Dans l’univers absurde et absolument délirant de Feydeau, cette interprétation inventive distille l’insolite et l’étrange avec brio. Et puis, quel rythme ! Endiablé. Quant au décor minimaliste, s’il y a lieu, il est à l’intérieur des personnages. Et puis le monde n’est-il pas en réalité secoué de coups de désir dont on croit avoir définitivement dompté les coups de hasard ? Voilà qui comblera assurément la solitude du public.

Christelle ZAMORA
www.ruedutheatre.info

Tailleur pour Dames, de Georges Feydeau
Dellie Compagnie/Bretagne
Création collective dirigée par Roch-Antoine Albaladejo

Pulsion Théâtre 56, rue du Rempart Saint-Lazare 04.90.85.37.48
Du 7 au 30 juillet.

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Published by Christelle Zamora - dans Festival Off 2006
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