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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

15 juillet 2006 6 15 /07 /juillet /2006 14:30
VOYAGE AU CŒUR DE L’OUBLI

Une scène presque nue. Deux sièges, un porte-manteau perroquet. Et une valise. Comme pour évoquer une partance. Une scène presque vide et pourtant emplie de souvenirs qui s’étiolent. Emplie de détresse, de tendresse, de larmes, d’amour. De vie. Une scène pleine d’ombres pour mieux mettre en lumière la fragilité de la mémoire. Flamme vacillante dans un univers obscur.


Très exactement cent ans se sont écoulés depuis que le docteur Aloïs Alzheimer a décrit pour la première fois la maladie qui porte désormais son nom. Une maladie qui fait peur. Qui affecte le malade tout autant que son entourage. L’impossibilité d’enregistrer les faits récents, la perte des repères spatio-temporels, la difficulté à reconnaitre les objets (même les plus usuels) et les personnes, mais aussi les troubles du langage, l’agitation, le mutisme ou l’agressivité. Autant de symptômes caractéristiques de la maladie d’Alzheimer que la compagnie « Cinquième Saison Productions » nous offre avec délicatesse et puissance.

La parole est d’abord celle de Paul. La soixantaine, professeur de français. Lui répondent les mots d’Anne. Son épouse, aimante, attentive et inquiète. Des mots qui s’incarnent dans le jeu de Raphaëlle Saudinos, à la fois interprète et auteur de ces Paroles d’Alzheimer. La comédienne passe de Paul à Anne, de Anne à Paul avec aisance. Avec la subtilité et la distance nécessaire pour nous dire leurs mots sans nous les jouer. Comme pour nous permettre de mieux les vivre. Comme pour nous en faire une lecture poignante mais jamais larmoyante. Elle nous dit le refus, la terreur, la détresse et la solitude. La honte aussi. Elle nous dit cet amour qui se veut plus fort que la maladie, cet amour mis à mal par la maladie et ses contingences. Elle nous dit ces promesses impossibles à tenir et cette peur d’un avenir où le valide ne pourra plus soutenir la malade. Et sa parole ricoche sur notre vécu ou notre imaginaire, nous renvoyant avec d’autant plus de force au monde réel. Une émotion heureusement aérée par des chansons (Vian, Ferré, Aragon et les autres) qui permettent d’évacuer un peu la puissance douloureuse du propos. Un spectacle qui fait écho longtemps après que le noir a envahi la scène. Un spectacle tout en nuance et en retenue. Une parole poignante, douloureuse et sublime, pour faire progresser le regard de chacun.

Karine PROST
www.ruedutheatre.info

Paroles d’Alzheimer
De, avec et mis en scène par Raphaëlle Saudinos
Compagnie Cinquième Saison Production

Festival Off – Théâtre de l’Etincelle, place des Etudes
Informations : 04 90 22 28 62 - Jusqu’au 29 juillet, à 14 h

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Published by Karine PROST - dans Festival Off 2006
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commentaires

GREGOIRE Annie 13/11/2008 18:37

Nous venons de voir à Béziers la pièce de Raphaelle Saudinos et nous en sommes sortis boulversés.Toutes nos félicitations pour votre interprétation juste, émouvante. Ce fut un grand moment. Encore bravo!

Chronique Fraîche