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Festival d'Avignon

26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:22
PROPOS (REELLEMENT) MARXISTES…

Que dirait Karl Marx s’il revenait parmi nous en ces premières années du XXIème siècle ? L’historien américain Howard Zinn, professeur émérite à l’Université de Boston, a imaginé une telle situation. Au Paradis des philosophes dans lequel se trouve Marx, Dieu prend la décision de l’autoriser spécialement à descendre pendant une heure – une heure, pas plus - sur la terre pour une leçon exceptionnelle d’économie et de philosophie politique.


Débarquant par erreur dans le Soho new-yorkais au lieu du Soho londonien, aux « States » donc, le pays du libéralisme le plus consommé, il ne se démonte pas. Saluant son auditoire avec bonhomie :« Vous vous demandez sans doute comment je suis arrivé jusqu’ici : les transports en commun ! », dit-il en souriant… et l’apostrophant : «  J’ai lu vos journaux. Ils proclament tous que mes idées sont mortes ! Ces clowns le répètent depuis plus d’un siècle (…) J’ai vu les luxueuses publicités dans vos magazines et sur vos écrans (il soupire) Oui, tous ces écrans avec toutes ces images. Vous voyez tant de choses et vous en savez si peu. » « Personne ne lit-il l’Histoire ? Quel genre de merde enseigne-t-on dans les écoles par les temps qui courent ? »
Un Karl Marx truculent, surprenant, inattendu…


Et notre Karl Marx de théâtre, toujours avec son rayonnant visage solaire, passe en revue tout un ensemble de questions essentielles qui ne restent aujourd’hui en suspens, en vérité, que pour tous ceux qui ne veulent point voir la vérité. «  Je ne suis pas marxiste », répète-t-il péremptoirement avant de s’en prendre à tous ces intégristes – dont Staline -  qui, caricaturant sa pensée, l’ont délibérément trahie et ont provoqué des milliers d’assassinats. Révolté par les injustices, il évoque avec émotion la Commune de Paris et n’hésite pas à remettre en cause ses propres idées sur un déclin du capitalisme qu’il avait estimé trop proche.

Derrière le flou non artistique d’un rideau de plastique transparent, l’acteur Kader Roubahie, dans  une mise en scène sobre de Denis Lanoy, dresse de Karl Marx un portrait truculent, étonnant, souvent inattendu. Celui d’un homme aimant plaisanter, toujours amoureux de son épouse Jenny, père de famille attentionné et grand amateur de bière. Il évoque ses relations avec Friedrich Engels (un saint !), Proudhon et Bakounine… Il fait état de sa vie privée et familiale marquée le plus souvent par une précarité que viennent parfois à peine tempérer les  secours de son ami Engels. Tout un ensemble de faits qui n’étaient jusque-là que peu relatés par les biographies du personnage, trop exclusivement axées sur sa philosophie politico-économique…

Pour l’occasion, Kader Roubahie a pris tout l’aspect physique de Karl Marx (ventre postiche, perruque et grande barbe blanches). Le résultat est plutôt saisissant et contribue à faire de cet événement – préférons ce terme à celui de « spectacle » - un curieux OVNI théâtral qui décidément appelle l’attention.
                                                                                                               
Henri LEPINE (Avignon)


Karl Marx le retour
Pièce historique en un acte de Howard Zinn
Mise en scène, scénographie : Denis Lanoy
Avec Kader Roubahie
Lumières : Nicolas Ferrari.
Postiche/perruque : Julie Poulain
Production TRIPTYK-THEATRE – Coproduction MOBILE HOMME THEATRE NIMES

Festival Off 2009. Théâtre du Bourg-Neuf du 9 juillet au 1er août (jours impairs) à 14h15.

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Published by Henri LEPINE - dans Festival Off 2009
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