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Festival d'Avignon

26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:30
FREMISSEMENT DE VIE

Ecrivaine du net, Solenn Fresnay publie ses textes sur un blog fait d’images et de mots. Beckett, Virginia Woolf, Céline et Françoise Sagan viennent se mêler à ses écrits : un héritage littéraire revendiqué qui lui a permis d’aiguiser une écriture en quête du mot juste, de celui qui écorche, choque ou attendrit. Preuve en est avec la lecture de son recueil, « Laissez la porte fermée en entrant », au théâtre Les Déchargeurs.


Ce n’est pas Solenn Fresnay, l’auteur, qui met en voix les textes, mais deux autres personnages, accompagnés d’un pianiste. Assis sur des tabourets installés à l’intérieur d’une petite cave qui se prête à la confession, les comédiens mettent en scène la douleur inhérente au texte, témoignant de leur pleine empathie pour cette écriture fébrile. Ils aident cette femme errant dans les rues de Paris - trace d’un itinéraire sans but - à cracher son venin.


Volonté de mettre en abîme sa création poétique pour mieux la ressentir ? Quoi qu’il en soit, dans la salle, Solenn Fresnay semble saisie par cette lecture qui arrive à extraire l’essence de sa prose intimiste et à incarner la mélancolie profonde (mais créatrice) qui l’assaille.

D’un côté, la voix féminine, celle de Nadine Bellion, aussi tendue que le texte, clame des vers assumant la vulgarité. Un « sale pute » surprend à peine tant il résonne harmonieusement avec le texte. De l’autre, une voix masculine, celle de Philippe Baron, dont les inflexions sonores tranquillisent cette logorrhée apocalyptique et électrisante. Les fréquentes envolées pianistiques de Jean-Baptiste Naturel, portées par des mains agiles courant fiévreusement sur le clavier, ne font que renforcer la musicalité abrupte des mots et la tonalité mineure du recueil.

La nécessité des mots


L’écriture, compulsive, apparaît indispensable chez cette femme qui ne peut exprimer ses contradictions que par écrit. A l’oral, elle reste empêchée par la difficulté de « dire » ses émotions face à ceux qui la dérangent, à celles qui l’excitent ou qu’elle aime, et s’avère incapable de détruire ce mur d’incompréhension qui la sépare de sa mère, maniaque, et de son père, taciturne. La frustration paraît d’autant plus brutale qu’elle surgit sous le coup de la colère, de la crise de larmes ou d’un accès de folie.

Grâce à la lecture habitée des comédiens, Solenn Fresnay dévoile des bouts d’intimité qui résonnent en chacun de nous. Et qui confèrent à son texte l’universalité propre à toute œuvre digne de ce nom.

                                                                                     Cécile STROUK (Paris)


Laissez la porte fermée en entrant
Auteur : Solenn Fresnay
Artistes : Nadine Bellion, Philippe Baron, Jean-Baptiste Naturel
Au théâtre Les Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, 75001 Paris, du 19 mai au 18 juin à 21h45.

Photo © Yann Martin

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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2008-09
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