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Festival d'Avignon

19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 18:37
Bernard Faivre d’Arcier propose le 20 juillet au cinéma Utopia un documentaire sur les 60 ans du Festival d’Avignon et une série d’émissions radiophoniques sur France Culture.

Votre actualité ?

« J’ai élaboré un documentaire sur Avignon en vue de son soixantième anniversaire. J’ai fait cette proposition à la Chaîne Arte. Et Michel Viotte qui est un documentariste, qui a beaucoup travaillé sur l’Afrique, qui vient notamment de réaliser un film sur le Musée des Arts Premiers, Quai Branly, a souhaité participer au projet. Pour la production, on a fait naturellement appel à la Compagnie des Indes, qui s’occupe depuis longtemps déjà de la captation des spectacles avignonnais. Sachant qu’il n’y a pas toujours eu d’archives filmiques, j’ai refusé le découpage chronologique pour une organisation thématique. Le film dévoile l’histoire du Festival d’Avignon à partir d’images d’archives et d’une quinzaine d’interviews de réalisateurs, comme Olivier Py, Thomas Ostermeier, de comédiennes, comme Valérie Dréville, et de témoignages de l’époque Vilar (Sonia De Beauvais et Paul Puaux). (...) Ce que je montre dans ce travail, c’est que l’irruption de nouvelles formes artistiques ne s’est jamais faite sans heurts. En 1964/65, lorsque Vilar cesse de mettre en scène et invite Maurice Béjart dans la Cour d’Honneur, c’est l’émeute. Béjart fut très contesté. Il en fut de même lors de la diffusion de La Chinoise de Jean-Luc Godard. Le Festival a subi des crises permanentes, celle de 2005 s’inscrit dans la continuité. Avant elle, il y eut Merce Cunningham et la danse abstraite. Bob Wilson. Antoine Vitez avant d’entrer dans la légende avec son Soulier de Satin a été descendu par la critique. »

Et votre bébé Theorem* ?

« On a fermé Theorem, il y a quatre jours. C’était la fin d’un cycle et la Commission européenne ne le finance plus. C’était un cycle de trois ans, renouvelable une fois seulement. (...) Cela a moins de raisons d’exister aujourd’hui. On a fait connaître tellement d’auteurs. L’ouverture est faite. »

(* En 1998, le Festival d’Avignon initie le projet de coopération européenne THEOREM, dans le but de soutenir et de faire connaître aux publics européens le travail de jeunes artistes talentueux d’Europe centrale et orientale, dans le domaine du théâtre et de la danse contemporaine.)

Votre regard sur le théâtre actuel ?

« Jusqu’aux années 80, le théâtre avait une fonction éducative. Seul le contenu et les formes épurées importaient. La fantaisie artistique n’avait pas sa place. Puis la volonté d’apporter une plus grande charge artistique s’est imposée. Pina Bausch par la danse a participé à cette ouverture à la différence. Aujourd’hui, l’ouverture est faite. On assiste au contraire à un retour de l’adéquation entre la forme et le contenu. Et l’enjeu politique est de plus en plus important. Il faut lester le théâtre d’un poids politique. Nous subissons d’énormes pressions. »

Les spectateurs ont envie qu’on leur raconte des histoires qui leur ressemblent ?

« Oui. Ils sont exigeants, informés. Heureusement, Jacques Nichet, Didier Bezace, George Lavaudant assurent ce renouvellement. »

Peut-on parler de vitalité du théâtre français ?

« Oui. Mais il faut que les metteurs en scène français s’intéressent davantage aux textes étrangers. Ils ne le font pas assez pour des raisons de temps, d’administration et aussi de manque d’ouverture d’esprit. Peu lisent l’anglais, l’allemand. Ils devraient financer des traductions de travail. A Berlin, ça se fait. On ne peut pas pour autant dire que le théâtre français manque de vitalité. Regardez les formes diverses, qu’il peut prend en s’associant au cirque, à la danse, la rue, la vidéo. Je pense au merveilleux travail de Christophe Huysmans. Bartabas aussi propose un théâtre populaire et magnifique. A lui seul, il rassemble 35.000 spectateurs. C’est du In. »

C’est un cas isolé. Ne pensez-vous que le In demeure élitiste ?

« Le théâtre permet à beaucoup de gens de tenter ce qu’ils veulent. C’est pour ça qu’il faut continuer de défendre le statut d’intermittent. Quant au Off, il survit plus qu’il ne vit ? Il faudrait d’autres festivals Off en dehors d’Avignon. Et trouver d’autres rendez-vous, que des villes en France se proposent d’accueillir cette manne créative ! Avec le In et le Off, on a un schéma complet de ce qui se fait. Chacun a sa fonction. »

Que pensez-vous des guerres intestines qui animent le Off ?

« Des enjeux professionnels et financiers. Comme je le disais déjà à l’époque de mes mandats, il y a trop de pressions car il n’y a pas d’instance représentative du Off. »

Si vous aviez une baguette magique ?

« Je voudrais que le Centre National du Théâtre (CNT) - ndlr : BFA en a été directeur de 1993 à 98 - soutienne des initiatives comme la vôtre, mais aussi une revue écrite. Il faut interpeller les professionnels. Les scènes nationales pourraient donner une cotisation de 100 euros par mois pour l’existence de nouveaux médias. C’est important la circulation des idées. J’appelle au renouvellement des directeurs de centres dramatiques. J’en ai fait les frais. J’avais 35 ans, quand j’ai pris la direction du Festival. J’ai été remplacé par Vincent et Hortense qui eux ont aussi 35 ans. Il y a une passation nécessaire. Il en va de même pour les critiques, mais on refuse hélas de s’attaquer aux médias. Circulez les critiques ! »

Propos recueillis par Maia ARNAULD

Cour d’honneur et champs de bataille, sera diffusé jeudi 20 juillet à 14h au Cinéma Utopia (Avignon). Depuis le 26 juin et jusqu’au 21 juillet, sur France Culture, Bernard Faivre d’Arcier se raconte.

Parcours de BFA :

Bernard Faivre d’Arcier, administrateur civil, choisit, à sa sortie de l’ENA en 1972 le ministère de la culture. En 1980, il devient directeur du Festival d'Avignon.
Conseiller culturel du Premier ministre (1984-1985), il crée en 1986 la Sept, pôle français de la chaîne Arte.
En 1989, il organise les manifestations célébrant le bicentenaire de l’Assemblée nationale.
Il devient directeur du Théâtre et des Spectacles de 1989 à1992.
De 1993 à 2003, il est de nouveau directeur du Festival d’Avignon, directeur (1993-98) du Centre national du Théâtre et commissaire pour la Saison hongroise 2001 en France.

Photo © DR - Festival d'Avignon

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Published by Maia ARNAULD - dans Festival In 2006
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