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Festival d'Avignon

20 juillet 2006 4 20 /07 /juillet /2006 16:11
Dans le cadre du Festival In et du 60ème anniversaire de la décentralisation, une expérience singulière a eu lieu dans le jardin du Rocher des Doms dans la nuit du 16 au 17 juillet.

Par groupes réduits de cinq ou six personnes, les participants étaient invités à suivre un itinéraire balisé. Chacun d’eux prenait contact individuellement et successivement avec trois comédiens ou comédiennes. Le lieu, le moment, les conditions étaient très propices à la création d’un climat d’intimité physique que l’on ne rencontre que très rarement au théâtre. Le thème choisi pour ce festival était le secret. Il était alimenté par des textes inédits d’auteurs vivants, textes portant sur des expériences individuelles uniques, fortes, traumatisantes parfois. Dès son début, la rencontre avec un comédien ou une comédienne qui ne va jouer que pour vous seul a déjà un caractère d’étrangeté qui déconcerte… Aucune ou très peu de véritable relation de sujet à sujet dans cette promiscuité : tout est dans le texte qui vous est dit ou même chuchoté à l’oreille, et qui n’appartient pas à l’acteur, comme une confidence très personnelle. Au fil de ce cheminement d’une rencontre à l’autre, le caractère intime peut encore s’accentuer, et vous pouvez même devenir par procuration le destinataire muet de cette paradoxale lettre d’amour et de rupture que l’on est en train de « vous » écrire… et à laquelle vous ne pouvez – ni d’ailleurs ne voulez – répondre…

Tout cela au milieu d’un décor dans lequel les familiers du jardin des Doms ne reconnaissent plus vraiment leur lieu de promenade. Ce décor, générateur lui aussi d’un fort sentiment d’étrangeté, m’a fait penser, entre autres, au Marienbad d’Alain Resnais. Il donnait l’impression de se trouver hors du temps, mais non hors de la réalité… comme dans un rêve éveillé… Et le théâtre dans tout cela, penserez-vous ? Le théâtre est un moyen d’expression – et même un langage – collectif et individuel dans sa globalité; Mais cette contradiction n’est que de surface, car il peut toucher en même temps l’individu seul tout en s’adressant simultanément à un nombre élevé de spectateurs. Ici donc, nous avons participé à une expérience extrême, unique, volontairement réductrice à la limite individuelle de ce langage : le jeu théâtral, dans son caractère paradoxal, mais aussi comme une dimension essentielle de la relation individuelle à « l’autre ». Et c’est ce qui en faisait tout le grand intérêt.

Henri LÉPINE
www.ruedutheatre.info

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Published by Henri Lépine - dans Festival In 2006
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