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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

22 juillet 2006 6 22 /07 /juillet /2006 12:01

Hop

HOP OU COMMENT ÉCRIRE ?

Un homme en bleu de travail affronte jour après jour les difficultés de l’écriture et du théâtre en faisant l’inventaire un peu pathétique et défait, des instruments éparpillés qui lui permettraient d’écrire. L’œuvre se fonde toute entière sur la structure du monologue et sur une ingénieuse mise en scène, qui épargnent actions directes, changements de lieux et relations de sentiments.

L’action, c’est celle de vouloir écrire, et d’écrire un roman, d’adresser le texte à un éditeur et de le publier. Les lieux, c’est un métaphorique bateau, la maison de l’écrivain et son bureau, les paysages suisses de son roman, le bureau de l’éditeur, le bus qui le ramène. Les sentiments c’est l’impuissance avant d’écrire, le doute et les échecs, les obstacles de toutes sortes, et le bonheur et la fierté démesurés, enfin. A cet espace scénique et textuel déstructurés s’ajoutent des questions de plus en plus absurdes, et une lampe, dont l’intermittence provoque la phrase mécanique « nous écrivons ». Ces refrains, signaux, jalons scéniques, symbolisent, peut-être, la tentation de l’hermétisme, le manque d’inspiration et le silence de l’écrivain.
 

Bien qu’ils rendent cette première partie parfois un peu pesante, c’est déjà Beckett qui s’avance et qui guette, avant même que le personnage, lui-même personnage à la Beckett, entre Wladimir et Estragon, n’en parle ni ne s’en serve. Malgré l’arrachement impossible aux grands maîtres, le personnage décide de se mettre à écrire. Dans cette deuxième partie, l’écriture est au centre. Elle est décrite tel un processus volontaire et mécanique pour dépasser les vieux rivaux bienveillants, Balzac et Beckett. Cette métaphore simple et naturelle réussit à conter avec pertinence le drame de la stérilité et du silence, celui de l’attente anxieuse et de l’impuissance, du poids du travail et de l’écriture laborieuse qui mène au roman abouti. Le mode fluide sans grandiloquence, ni déchirure, sans plainte, dépeint avec justesse le rapport de l’auteur à son texte, et la différence entre la valeur que ce dernier lui donne et celle que lui reconnaît la société. La place de la création littéraire et l’absolue nécessité du lecteur, sont crûment touchés du doigt grâce à ce texte sincère qui transmet les difficultés du travail d’écriture, la félicité d’avoir écrit, et la relation hautement narcissique que l’auteur entretient avec lui-même et avec son texte, reflet d’un moi parfait. Hop ou la brutalité est donc un spectacle intéressant, modeste et très juste, qui plaira aux amateurs de littérature, à ceux qui écrivent ou ont voulu écrire et qui ressentent la sensibilité et la délicatesse d’un tel thème, traité sans tomber dans l’image typique et romantique de l’écrivain déchiré et inspiré.
 
Frédérique MUSCINESI
www.ruedutheatre.info

Hop ou la brutalité d’un projecteur dessine l’effroi du libraire face aux velours rouges
D’après un texte de Pierre Nordmann Théâtre Hirsute
Compagnie Pierre-Barayre
Acteur : Pierre Barayre
Mise en scène : Katharina Stalder Eléments sonores : Henri d’Artois Objets, machines, tableaux : Pierre Nordmann
Théâtre les Trois Pilats, 18, place des Trois Pilats, 0490856774 Tous les jours à 14h.

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Published by Frédérique MUSCINESI - dans Festival Off 2006
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