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Festival d'Avignon

29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 12:56
BALLE DE MATCH

On croit entrer dans un théâtre, on se retrouve sur un court de tennis. Les spectateurs s’installent de chaque côté du cours. Un dispositif scénique qui maintient bien l’illusion du lieu. Mais, ici, la partie se joue sans raquettes et sans filet. Il s’agit d’un échange verbal entre deux hommes.


Le plus jeune est Gaspard Mayer, riche héritier qui vient de porter plainte contre le holding financier familial pour crime contre l’humanité . Il est face au Professeur Artmann que l’on imagine psychiatre puisqu’il est accompagné au second plan par deux infirmiers qui semblent n’attendre qu’un signe pour emmener le jeune homme à l’asile. En fait le Professeur Artmann est d’abord linguiste et plus que la folie supposée de Gaspard, c’est sa connaissance du dialecte des indiens d’Amérique qui l'intéresse. Comment Gaspard Meyer a t-il pu apprendre cette langue, lui qui vit en quasi-autiste depuis dix ans, reclus dans une propriété familiale que l’on devine très imposante ? Et l’on comprend vite que ce court de tennis est un lieu hanté. Par l’enfance de Gaspard d’abord, brisée par un père destructeur qui profitait du jeu pour l’humilier au mépris de toute règle autre que la loi du plus fort. Mais il y a aussi, sous le court de tennis, la voix des grands ancêtres indiens qui remontent des profondeurs de la terre. Et l’on entend cette voix portée par une vieille indienne, qui avec une douceur incomparable rappelle constamment la violence de l’homme blanc, qui outre celle de Gaspard, a saccagé dans sa course au profit, l’enfance du monde.

Si les cinq premières minutes de la pièce effraient un peu, laissant croire à une nouvelle charge maintes fois agitée contre le méchant capitalisme, on s’aperçoit vite que la partie qui se joue devant nous est beaucoup plus subtile que cela. Elle laisse libre court au chagrin d’une innocence perdue mais dont le monde se souvient encore et toujours. Cette mémoire s’exprime ici en vieil indien, ce qui nous permet d’entendre cette langue quasiment disparue et absolument superbe. Les textes des vieux sages indiens, dits à la fois sobrement et magistralement par une voix off, raisonnent longtemps dans le vide spirituel du monde actuel. Et cet écho venu des profondeur de l’histoire donne un sacré sens de gravité à cette pièce et un vrai charme. Le Professeur Artmann qui ne demande qu’à comprendre est joué avec poids et bienveillance par Jean-pierre Brière. Julien Flament incarne Gaspard Meyer avec une gestuelle particulière qui rend bien compte de l’étrangeté du personnage. Tous les deux font constamment passer la balle d’un camp à l’autre, du présent au passé, du visible à l’invisible, du réel à l’imaginaire. Une belle partie !

Agnès GROSSMANN
www.ruedutheatre.info

Le Cas Gaspard Meyer.
De Jean-Yves Picq
Avec Julien Flament et Jean-Pierre Brière
Mise en scène Jean-Pierre Brière
Direction d’acteurs: Marie Crouail
Théâtre Buffon à 12 heures. 18 rue Buffon.
Réservation: 06 82 29 76 46

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Published by Agnès Grossmann - dans Festival Off 2006
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