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Festival d'Avignon

26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 13:00
L'INDICIBLE À VUE

Quand l’indicible sort de la déconstruction des phrases, la poésie est au rendez-vous dans toute sa force… L’humour aussi. Un étranger parmi les siens… En chemin vers ses racines. Un voyage dont assurément on ne sort pas le même. « Comprendrez, vous pourrez pas ». Une des phrases du monologue de l’Invisible, un texte de Philippe Blasband merveilleusement interprété par le comédien belge d’origine congolaise, Dieudoné Kabongo.


Un voyage dans la langue, puisque l’auteur l’a triturée en tout sens, pour mieux en faire ressortir la puissance. Ainsi l’évocation du pays d’origine du personnage, frappé par la guerre, est d’une violence inouïe. « La guerre, vous, vous y croyez. Mais vous ne savez pas. Nous, on sait, mais on ne peut pas y croire. ». En quelques mots, tout est dit. L’horreur de l’arrachement à la terre, cette terre dont on vient, dont on est fait, et qui devient folie. Partir vers un ailleurs qui n’est pas le vôtre, et ne le deviendra jamais… Et si vous retournez aux sources, vous n’appartenez plus vraiment à ceux « de là-bas »… Quel est cet invisible en chacun de nous qui est notre sol, notre identité ? Comment le conserver malgré tout, malgré les arrachements de la vie ? Que reste-il de ces racines quand on est « désolé » ?

Voilà toutes les questions qu’aborde, tout en subtilité et en poésie, le spectacle l’Invisible. Un seul en scène loin des clichés classiques du one man show, domaine dans lequel le comédien a pourtant fait ses premières armes de scène. Mais ici, il s’agit réellement d’une œuvre de théâtre. La personne devant nous est un réel personnage, même si, Dieudonné Kabongo le déclare lui-même, ce personnage est nourri par l’histoire personnelle du comédien.
Pendant une heure, il occupe ainsi l’espace, y interprétant plusieurs personnages, voyageant dans plusieurs lieux, le tout dans une grande économie de décor. Une grande sobriété préside en effet à la mise en scène : un socle en fer, une chaise… Malgré cela (ou peut-être grâce à cela) nous suivons le personnage, de sa maison, de son village, à son exil en Belgique, ce « pays pluie ».

Le texte est traité dans toute sa musicalité, si bien qu’entre les quelques notes jouées sur un balafon, la musique semble imprégner le texte. Comme une berceuse évoquant l’enfance, les racines. Un spectacle tout en douceur donc, pour une heure de sérénité. Un Invisible à découvrir, sans aucun doute.

Isabelle PLUMHANS
www.ruedutheatre.info

L’Invisible, texte de Philippe Blasband, avec Dieudonné Kabongo, mise en scène d’Astrid Dubray Jusqu’au 27 juillet, au Théâtre de la Manufacture, à 11 heures

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Published by Isabelle Plumhans - dans Festival Off 2006
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