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Festival d'Avignon

26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 13:41
À LA RECHERCHE DE SOI-MÊME

Le rideau est fermé. L’homme est grand, habillé en blanc, il lit un papier, des mots, de sang et de terre, de passion et de mort. Dans l’ombre, l’homme apparaît, énorme, nerveux, sa voix est rauque. Le rideau s’ouvre. L’espace est vide. L’homme le remplit de vers, qui sont un questionnement : l’homme est Pablo Neruda, il parle avec ses propres mots, il se répète les mots qu’il a écrits, il parle toujours plus lentement, quelquefois, il regarde le public, mais souvent il a les yeux dans le vide, il se parle à lui-même, pour se retrouver dans ses mots.


En fond de scène, sur un écran surélevé, des images des tableaux de Pablo Picasso sont projetées. Picasso a peint ces tableaux pour Pablo Neruda. Et les poésies jouées ont été écrites en hommage à Picasso. Un dialogue prend corps dans la voix de l’homme en blanc et dans les danses de deux spectres : un homme et une femme dansent du tango. Ils interrompent le jeu de l’homme en blanc, ils roulent par terre pour s’aimer. L’homme en blanc, Pablo Neruda, les regardent danser, il joue aussi en les regardant, les deux danseurs le poussent à danser avec eux. La danseuse arrête de danser, elle lève ses bras vers le public, habille son visage avec un sourire brillant et crie des mots d’amours.

La musique de Piazzolla et les danses portent sur scène l’atmosphère hispanique, dans laquelle l’amitié entre le peintre et le poète est née. Le couple danse infiniment, ils ne veulent pas se quitter, ils sont devenus, dans leur chair, de la danse, ils vivent seulement pour danser. Ils personnifient l’idée d’une existence passionnelle, et lorsque le poète la chante, le couple apparaît. Au début il est effrayé par ses mêmes rêves-spectres, puis il court auprès d’eux, il a besoin d’eux.

Serge Barbuscia a conçu le dialogue entre les œuvres de Picasso et Neruda. Il joue le rôle de Neruda sur le plateau. A la fin du spectacle, il explique quelle relation existe entre les images projetées et les vers récités. Le dialogue n’est pas en effet ressenti dans la mise en scène et Picasso existe seulement si le spectateur reconnaît les tableaux comme les siens. Ce n’est pas grave. Le spectacle ne perd pas sa force. La poésie visuelle donnée par les éclairages, les danses et le comédien représentent le cerveau du poète Nerud, son corps est le comédien et les danseurs sont ses désirs ; les éclairages et les musiques soulignent le passage du temps. L’écrivain ne trouve pas de réponses à la vie qui l’entoure. Le temps passe, inexorable, et le poète trouve et perd ses vérités et ses souvenirs, il continue à écrire infiniment, jusqu’à l’oubli de la mort.

Le spectacle est une poésie – peut-être trop longue – qui réussit à faire croire au pouvoir de la création et de l’imagination, pour se construire une vision personnelle de la réalité, pour réfléchir à la vie au travers des émotions.

Mattia SCARPULLA
www.ruedutheatre.info

Tango Neruda, compagnie Serge Barbuscia, est représenté au Théâtre du Balcon, du 7 au 29 juillet, à 19h15 - Festival Off d’Avignon
Poésies : Pablo Neruda Images : Pablo Picasso Musiques : Astor Piazzolla
Mise en scène et interprétation : Serge Barbuscia
Danseurs : Marina Carranza et Miguel Gabis
Informations : 38, rue Guillaume Puy 84000 Avignon 04 90 85 00 80 

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Published by Mattia SCARPULLA - dans Festival Off 2006
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