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Festival d'Avignon

27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 10:16
LES CORPS EN FUITE

Une voiture à droite de la scène. Elle est positionnée en oblique, l’avant est comme en train de s’enfoncer dans la terre. Un accident. A gauche de la scène, un ample tissu rouge est étendu sur le plateau. La chorégraphe Odile Azagury est debout, sur les sièges de la voiture, habillée seulement d'une veste d’homme. Son visage est inexpressif. Elle cogne répétitivement son corps contre la voiture, lentement, comme pour se libérer de la carcasse, comme pour se libérer d’une douleur. Elle glisse de la voiture jusqu’au sol. Ses actions sont accompagnées par les sonorités métalliques de Jean François Pauvros, qui crée une ambiance crépusculaire, où la femme voit différemment le monde autour d’elle et en elle. Azagury danse des gestes saccadés, rapidement, en essayant de se dénuder de la veste, puis de son corps. Elle finit sous le tissu rouge, sa tête et ses seins apparaissent au centre, et le tissu devient une robe. La danseuse reprend la danse violente, prisonnière cette fois de la robe rouge, qui en même temps intensifie dans l’espace les gestes déchirés.

Photo copyright : Pierre Ruaud

Anna, duo de musique et danse, ouvre la soirée d’Odile Azagury aux Hivernales. Les danses sont étonnantes. Le spectacle est structuré sur des gestes minimaux, rappelant des actions quotidiennes, et sur des sons de guitare, rappelant l’esthétique musicale gothique des films d’horreur. La chorégraphe travaille sur des longues pauses, où les mêmes gestes reviennent, mais comme changés dans leur intensité, et sur des moments de folie où le corps se jette à danser. Dans les pauses, Azagury fait ressentir sa présence par les sons qui semblent sortir de son corps. Le musicien regarde d’un coin dans l’ombre le corps de la danseuse, le commente dans son passage de la vie à la mort.

Fragments (Les Hommes en colère) est la deuxième chorégraphie de la soirée Azagury. De nouveau, les corps des danseurs semblent exilés de la réalité, en fuite dans la nuit. Dans la pénombre, quatre danseurs en pantalon noir et torses nus. L’un d’eux est esclave du temps, il doit continuer à faire tourner autour de lui un long et lourd bâton. Les trois autres corps luttent avec le temps, en essayant de ne pas être touchés par le bâton. Tous semblent aveugles, décident instinctivement de leurs mouvements. Ils se cherchent et se repoussent. Ils s’embrassent et s’invitent à la danse. Mais toujours avec rage et impatience, en fuyant toujours le temps. A la fin, deux danseurs entrent chacun dans une cabine – toilettes publiques ? une discothèque ? une prison ? Ils commencent une danse lente, tendre, ils se glissent contre les parois de la cabine, sachant la présence de l’autre au-delà du mur. La colère des danses contre le temps devient un chant d’amour en hommage à un disparu.

Odile Azagury dessine un monde de la nuit, de la fuite, où les corps peuvent exprimer leurs tensions intérieures, en restant prisonniers de leurs angoisses. En découvrant cette chorégraphe, notre corps de spectateur a retenti à chaque geste.

Mattia SCARPULLA
www.ruedutheatre.info

Les chorégraphies Anna et Fragments (Les Hommes en colère), chorégraphie d’Odile Azagury, compagnie Les Clandestins, ont été présentées au Théâtre des Hivernales, du 10 au 24 juillet.

Festival Off d’Avignon Information : 06 88 47 77 40 / 05 49 45 04 06

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Published by Mattia Scarpulla - dans Festival Off 2006
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