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Festival d'Avignon

30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 17:26
L'HÉRITAGE DU BOSS

Si la Cour d’honneur du Palais des papes est pleine de fantômes, espérons que celui de Jean Vilar y était ce 27 juillet 2006 et qu’il a été traversé par l’immense vague d’applaudissements qui a salué l’hommage qui lui était rendu. Car c’est bien lui que l’on saluait autant que la performance du metteur en scène Olivier Py remonté à la source pour faire jaillir l’esprit. Celui-ci s’était vu confier par Hortense Archambault et Vincent Baudriller, la double tête directrice du Festival, la mission de donner vie à la pensée de Jean Vilar en faisant entendre ses mots dans la mythique Cour.

Photo © Christophe Raynaud de Lage

On attendait une lecture habile de ses écrits fondateurs, on a assisté à un véritable spectacle qui mettait en scène Jean Vilar déroulant son parcours et imposant son « utopie nécessaire » face aux réticences de l’époque. Dès le début, superbe, Jean Vilar est là, qui nous interpelle d’une des fenêtres du Palais des Papes. C’est Philippe Girard qui l’incarne avec une présence et une allure saisissantes. Autour de lui, les acteurs de la troupe d’Olivier Py figurent les compagnons du maître mais aussi ses contradicteurs. Le noyau dur, Maria Casarès, Gérard Philipe, Jeanne Laurent sont là, dès le départ de l’aventure, pour rappeler la mission de l’acteur et du théâtre. Plus tard, une scène digne d’un cabaret fait ressurgir René Char, Malraux, Sartre, Jean Genêt, Samuel Beckett, Giono, Anouilh et toutes les velléités intellectuelles de l’époque. Enfin, l’épisode mai 1968 discréditait sans recours, et sans nuance, Julian Beck et ses agitateurs.

Tout un monde ressuscité et animé grâce à un ingénieux dispositif de tréteaux qui pouvaient selon leur agencement figurer la scène ou les coulisses, Avignon ou Chaillot, où Vilar fonda le TNP, le Théâtre National Populaire. Au centre de tout cela, la parole de Jean Vilar, comme une flamme. Car même si cet impromptu est, très bien, déguisé en spectacle, L’Énigme Jean Vilar est avant tout un monologue. Celui d’un homme qui rêvait d’un théâtre qui implique la société et participe à ses débats, un homme conscient de sa mission morale et sociale de « réjouir l’homme, une tâche douloureuse », quitte à le bouleverser en jetant à bas toutes ses références, un homme qui voulait un théâtre populaire, c’est-à-dire pour tous et accessible à tous, un homme enfin, tout simplement avec ses doutes et ses fatigues devant l’immense tâche qu’il s’était imposée.

Un discours d’éthique hautement morale qui enthousiasmait forcément malgré ce vendredi soir des longueurs inhérentes à ce genre d’exercice. Une belle soirée de clôture en tout cas qui mêlait dans un même triomphe la flamme de Jean Vilar à celle de l’un de ses héritiers, Olivier Py, généreux passeur d’âme.

Agnès GROSSMANN
www.ruedutheatre.info

Le spectacle L’Énigme Vilar, Impromptu d’Olivier Py
Les écrits de Jean Vilar ont été présenté à 22h le jeudi 27 juillet dans la Cour d'Honneur.
Montage et mise  en scène : Olivier Py
Comédien : Philippe Girard

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Published by Agnès Grossmann - dans Festival In 2006
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