Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 12:45
BRECHT, BERNHARD... ET CA CONTINUE... ENCORE ET ENCORE...

Une Affaire de quelques semaines… est une habile et éloquente mise en perspective de textes de Brecht et de Bernhard. De 1935 à 1980, le temps passe, la bêtise humaine, elle, demeure. Toujours aussi vile, cruelle, elle hante le monde, l’enfermant sous une chape de peurs qui étouffe avant d’éclater en une inhumaine violence.

Didier Moine, le metteur en scène, a choisi deux courtes scènes de Bertolt Brecht (formant la trame de Grande Peur et misère du IIIe Reich) et deux courtes pièces de Thomas Bernhard que celui-ci avait rassemblées sous le titre de Dramuscules. C’est étonnant, on pourrait même dire inquiétant ,de voir l’évidence avec laquelle les mots se retrouvent, se répondent. Les mêmes noirs desseins qui sans arrêt rodent, les mêmes haines barbares qui se faufilent dans nos failles à l’égard de l’être différent ; et le plus menaçant cette crainte sournoise et rongeante qui s’insinue. L’homme a peur de l’homme. Mais pas de son bourreau, pas de son leader charismatique, il a peur de cet autre qui lui apparaît comme étranger.


La pièce va crescendo, comme si l’imminence du désastre se rapprochait. A la colère contenue dans La Femme juive, courte pièce d’une justesse de ton et d’une puissance émotionnelle grondante, répond la sottise plus bête que méchante et la grossièreté de Match. Aux hurlements de douleur de Placement de main d’œuvre, font écho les cloches assourdissantes et le cruel vade retro du Mois de Marie. Sans aucun pathos, avec une sobriété qui n’a de cesse de renforcer la noirceur du propos, la pièce juxtapose les quatre textes sans les dénaturer. Chacun garde son sens propre mais s’enrichit au contact des autres.

Les trois acteurs jouent juste, comme si leurs différents personnages les habitaient naturellement Avec peu de gestes et de mimiques, ils rendent au texte toute sa réalité. La mise en scène à la manière d’un écrin entoure le texte. Le cintre suspendu, sur lequel les différents habits marquent le passage d’une scène à l’autre, se balance en l’air avec légèreté. Comme un contrepoids face à cette Histoire en marche. Brecht s’interroge : « Le ventre ne sera-t-il pas toujours fécond d’où a surgi la bête immonde ? ». La fin de la pièce restituant les actes barbares commis ces dernières années en Europe, est une réponse assez pessimiste à cette question.

Anne CLAUSSE
www.ruedutheatre.info

Une Affaire de quelques semaines…
Bertolt Brecht : La Femme juive et Placement de main d’œuvre, Extraits de Grande peur et misère du IIIe Reich
Thomas Bernhard : Match et Le Mois de Marie, Dramuscules
Mise en scène Didier moine Avec : Corinne Mardirossian, Anne Barthel, Benjamin Masson Festival Avignon Off 2006 Théâtre Tremplin 17h – du 6 au 30 juillet Tarifs : 15/10€ Réservations : 0490850500

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne CLAUSSE - dans Festival Off 2006
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche