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Festival d'Avignon

5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 10:50
SACRÉS GAILLARDS CES PICARDS !

A partir de l’un des premiers romans d’Eugène Sue (1830), quatre valeureux gaillards donnent vie, voix, corps et musique à un récit truculent en diable, une fête jubilatoire et un spectacle haut en couleurs.


Tonneaux, bois, costumes, difficile à dépeindre et pourtant, le tableau est parfait, pittoresque à souhait, le spectateur est embarqué d’emblée dans l’univers sans foi ni loi de ces boucaniers survitaminés. Philippe Leroy habite la pièce par sa musique, module des complaintes sur son accordéon ou en fait chanter le vent et, plus surprenant, fait d’une cuve à fioul un instrument de percussions.

Photo © Bérénice Fantini

Tout commence dans un petit rade de Pempoul, Maître Durand et Grain de Sel trinquent à la mémoire de feu leur capitaine Kernok sous le regard paisible du tavernier. C’est Dom Herbet qui incarne ce dernier. Il met, avec un brio étonnant, son talent de conteur au service d’un récit propre à situer l’action. Ces passages narratifs ne sont pas des temps morts, loin s’en faut, la diction s’emballe au gré de l’accordéon, vivante et musicale. Ces pauses ponctuent l’action de façon presque imperceptible tant la cadence est effrénée, un jeu de lumière très cru souligne les transitions sans que le rythme en soit le moins du monde affecté. Leur jeu relève d’une orchestration rigoureuse et maîtrisée : en une fraction de seconde les personnages sont campés avec un trait imparable, visuellement stupéfiant ! Dom Herbet se contorsionne, défiguré, et se mue ainsi en une épouvantable sorcière que Kernok vient consulter à la demande de sa compagne Mélie. Celle-ci fait de courtes apparitions, grossièrement habillée par Jean-Philippe de Oliveira ; aussi loufoque et bouffon que puisse être ce genre de travestissement, c’est impayable de drôlerie.

Les trois acteurs visitent une galerie de personnages avec une virtuosité transformiste réjouissante. C’est un bonheur de les voir si investis dans leur jeu, ils mettent un plaisir non dissimulé et communicatif à faire vivre ces caractères bien trempés. Fred Egginton est un Kernok imposant, stature de maître, voix de stentor, regard d’acier et cruauté impitoyable. Car, ne nous y trompons pas, c’est hilarant mais ça sent la poudre et la chair à canon ; le jeu de ces pirates est frénétique, ils tempêtent, vocifèrent, tonitruent et l’action ne lésine pas sur des peintures crues et violentes. Je me garderai bien de dévoiler les péripéties, si ces gars-là débarquent près de chez vous, un seul mot d’ordre : à l’abordage ! Cette histoire de pirates, même si elle fait le bonheur des jeunes têtes brûlées, n'est pas classable "jeune public", tout un chacun peut se réjouir de cette épopée déjantée portée par des comédiens généreux. Explosif !

Bérénice FANTINI
www.ruedutheatre.info

Kernok le pirate, hagiographie d’un saint pas très catholique.
D’Eugène Sue
Cie BEN’ARTs
Interprétation : Fred Egginton, Dom Herbet, Philippe Leroy (musique) et Jean-Philippe de Oliveira. Direction artistique : Fred Egginton, Adaptation : Dom Herbet, Musique : Philippe Leroy, Lumières : Erwann Collina, Costumes : Emma Fossé.

Festival Off Avignon – Théâtre Le Palace – 38, Cours Jean Jaurès Réservation : 0 899 701 718
Du 6 au 30 juillet, 16h00 - Durée : 1h20

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Published by Bérénice Fantini - dans Festival Off 2006
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