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Festival d'Avignon

5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 11:06
QUAND LA SCÈNE FAIT ŒUVRE

Marc Douillet propose à travers cette pièce, composée comme un portrait libre du peintre Francis Bacon, une mise en scène qui se donne comme une forme plastique en mutation.

En adaptant l’œuvre éponyme de Pierre Charras (qui rassemble des entretiens que le peintre eût avec Michel Archimbaud et Le Ring de la douleur, son propre livre) il ambitionne de créer le cadre spatio-temporel « propre à nous faire écouter la peinture en regardant la parole ». Un spectacle qui rencontre le sens et les sens en disséquant l’essence de la matière. Il s’agit bien de théâtre et la pièce s’offre avant tout comme une expérience sensible de la scène qui ne manquera pas d’impressionner profondément le spectateur.

Photo © Bérénice Fantini

Pour autant, on se risquerait volontiers à parler d’une « proposition artistique », proposition qui engage, à travers un réseau de références empruntant aussi bien à l’esthétique qu’à la stylistique, une véritable « lecture » de la « performance ». Cette lecture suppose, c’est bien le propos de la scénographie, un jeu pérpétuel entre le fond et la forme, entre peinture et écriture comme deux supports de représentation. Le cadre de l’espace scénique figure alors la toile, animée dans sa tridimensionalité autant qu’elle est figée en « scènes tableaux » détachées sur le fond noir. Encadré par une structure métallique cubique, un disque chargé de sable ocre est une arène tour à tour solaire ou sanglante, au gré d’un jeu de lumière subtilement distillé.

Sur ce « plateau », Jean-Louis Wacquiez, fascinant de puissance mesurée, et son double, son lui-même, son modèle organique articulé. Hagard, la voix grave et nuancée, Jean-Louis Wacquiez fait se lever les mots et déplace les signes, célèbrant une véritable épiphanie du corps comme matière et de la chair comme texture de la vie. Car, dans cette exposition du peintre et de son modèle, sorte de monologue-confession, se jouent tous les motifs obsessionnels de son œuvre et de sa vie... Fascination exaltée pour la chair et le sang donnant lieu à une véritable poétique des entrailles, assimilation intestinale des images et lutte pour capturer leurs corps dans la toile au point qu’un cri peint devrait s’entendre. Et toujours, partout, habitant l’espace, le mannequin modelé, ombre silencieuse que le peintre dirige comme un enfant, déplace comme un convive, enlace comme un amant, rejette comme un squelette. Pantin animé par les projections du peintre, il joue parfois un personnage et, par le miracle d’une mise en scène tirée au cordeau, semble même doué d’une vie propre.

Cette succession d’images et de métaphores visuelles comme autant de stigmates indiciels d’une présence incarnée de l’artiste a l’éloquence d’un chef d’œuvre inconnu que vous aurez, je l’espère, la chance de « rencontrer ».

Bérénice FANTINI
www.ruedutheatre.info

Figure
De Pierre Charras
Cie Nomades
Avec : Jean-Louis Wacquiez
Mise en scène et scénographie : Marc Douillet
Lumières : Jean-Bernard Philippot, Musique : Rémy Laurençon, Régie : Baptiste Fourrier, Marionnette : Jean-Noël Parmentier, Regards : Charlotte Joliveau et Adeline Capelle

Festival Off Avignon – Collège de la Salle - Entrée Place Pasteur
Réservation : 04 90 82 26 92 - Du 7 au 29 juillet, à 19h, Relâche le 17 et le 24 - Durée : 1h15

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Published by Bérénice Fantini - dans Festival Off 2006
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