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Festival d'Avignon

5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 11:36
PARADIS PERDU

D’Adrian se dégage une atmosphère trouble et terriblement envoûtante. À partir du motif, somme toute classique, de la quête initiatique, de l’apprentissage, Gille Crépin a tissé un récit sobre, subtil et intelligent.
Il interprète avec une délicatesse maîtrisée sept personnages dont les destinées individuelles, contre toute attente, s’entremêlent et se révèlent jusqu’au dénouement foudroyant, savamment orchestré.

Fable, apologue, conte ou récit, l’œuvre représentée est difficile à définir car elle dégage une poésie tout à fait particulière et se nimbe graduellement d’une inquiétante étrangeté. Le comédien apparaît dans une tenue presque monastique, costume taillé dans le goût asiatique, dont les pans amovibles s’ajustent en fonction d’une palette de personnages aussi atemporels qu’exotiques et, pourtant, universels. La scène, presque nue, est habillée d’un habile jeu de lumières mettant en perspective les différentes figures qui se succèdent dans des tableaux entrecoupés de ténèbres.

Photo © Bérénice Fantini

Adrian, le héros éponyme, est un jeune homme pétri de suffisance, empêtré dans les lieux communs du bourgeois promis à un avenir sans nuages. Il est le beau-fils et donc l’héritier de l’impitoyable Capitaine qui, en tant que descendant de l’illustre fondateur de cette île baptisée - ironie cruelle - Paraiso, exerce un pouvoir tyrannique sur toute la communauté. Un aquarium, vide, rappelle sa prédilection pour le requin, animal totem hautement symbolique d’une philosophie selon laquelle « les gros poissons mangent les petits ». Adage qu’Adrian ne manque pas de s’approprier et de « servir » à la jeune Zina, une laveuse de carreaux qui l’intrigue et le dérange dans ses certitudes en professant, notamment, qu’une fois tous les petits poissons mangés « le requin se retrouve tout seul ». Or, lorsque la petite Zina disparaît, justement, Adrian, seul et désemparé, part à sa recherche et se risque dans le sordide quartier du port. Recueilli par la mère de Zina, il s’intègre, travaille et se lie avec Luigi, le mendiant aveugle, lucide et clairvoyant. Il se croit indépendant mais le Capitaine régente son quotidien dans l’ombre et Adrian devra véritablement conquérir une identité que les différents protagonistes vont concourir à éclairer.

L’intrigue, portée sereinement par le jeu très mesuré de Gille Crépin, atteint l’intensité dramatique imprévisible d’une incoercible fatalité. L’ironie tragique fait naître des révélations que je me garderai bien de dévoiler pour préserver l’insidieux pouvoir de cette fable fulgurante.

Bérenice FANTINI
www.ruedutheatre.info

Adrian, l'enfant du paradis
De Gille Crépin
Cie Epices et Parfums
Mise en scène : Marc Ferrandiz
Interprétation : Gille Crépin
Musique : Adam S. Callejon. Lumière : Pierre de Cazenove et Gille Crépin. Costumes : Maëlle Adenot. Graphisme : Didier Latorre.

Festival Off Avignon – Théätre l’Albatros – 29, Rue des Teinturiers.
Réservation : 04 90 86 11 33
Du 7 au 29 juillet, relâche le 26, 12h30 - Durée : 1h10

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Published by Bérénice Fantini - dans Festival Off 2006
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