Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 11:48
GRAND SAIGNEUR DEVANT L’ETERNEL


Où est le temps béni où le professeur exerçait un pouvoir incontestable et incontesté, où, démiurge respecté en sa chapelle, il officiait en paix et portait fièrement son sacerdoce ? Ce temps n’est plus et la pièce est tout sauf un plaidoyer rétrograde ; un cri d’amour pour une profession légèrement désenchantée peut-être…

L’enseignant n’est plus ce bon berger, il est tout au plus une bête de foire jeté en pâture à une meute de loups au regard bovin et impavide. Les yeux des gamins ne sont plus avides d’apprendre mais plutôt lestés par la vacuité de leur indifférence. La tête du prof apparaît, encadrée dans une lucarne, pour apprécier le degré d’affaissement des élèves sur leurs bureaux, indicateur symptomatique de leur potentiel d’attention disponible. Le pan s’effondre et révèle le prof, tapi, sous son bureau, écrasé, traqué. Lorsqu’il se redresse, c’est toujours cloîtré dans la quadrature d’un cercle infernal qu’il évolue sur scène, comme un ours en cage. Réclusion derrière son bureau ou détention derrière les barreaux, l’appareil scénique met ingénieusement le tout en un : blockhaus infernal !

Photo © Danielle Loup

« Qu’est-ce que ça veut dire être prof de littérature ? »
. C’est avec cette question rituelle que ce professeur désabusé, incarné avec tendresse par le metteur en scène Mario Dragunsky, initie le cérémonial de la rentrée des classes. Cette question, c’est le point de départ d’une longue digression tour à tour désopilante, attendrissante, passionnée et désespérée. Tout y est : retour sur les illusions du débutant, intronisation en salle des profs, collègues dénués de tous scrupules déontologiques ou passionnés par tout, sauf par leur matière ; Mario Dragunsky se joue à merveille de tous ces « rôles » et endosse même celui des élèves en forçant à peine la caricature…

Questions ineptes pour faire passer le temps, stigmatisation des camarades travailleurs comme « traîtres à la corporation des léthargiques », admiration pour le professeur à l’aune de son endurance à les supporter…Cette petite leçon est drôle, vive, cinglante et délicieusement cynique ! Le tableau vous semble noir ? Ne soyons pas candides, la représentation dépasse à peine la réalité mais les tableaux désormais sont verts, il y a de l’espoir ! D’ailleurs, y aurait-il une telle amertume goguenarde dans le texte édifiant de Jean-Pierre Dopagne s’il n’avait pas tant d’affection pour ces chieurs réfractaires et le désir insatiable de croire en ce qui reste une profession de foi ?

Bérénice FANTINI
www.ruedutheatre.info

L'Enseigneur
De Jean-Pierre Dopagne
Cie 4 CATS
Mise en scène et Interprétation : Mario Dragunsky.
Scénographie, costumes et photographies : Danielle Loup.

Festival Off Avignon
Théâtre La Petite Tarasque – 5, Rue de Taulignan. Réservation : 04 90 85 43 91
Du 6 au 30 juillet, 10h00 - Durée : 1h15

Partager cet article

Repost 0
Published by Bérénice Fantini - dans Festival Off 2006
commenter cet article

commentaires

Claire Plantinet 19/07/2007 14:13

Mise en scène épurée et sincère de ce texte traitant d'un fait tellement d'actualité : la violence dans les milieux scolaires. Sujet qui nous touche tous de près ou de loin...
Ce récit passionnant est servi au jeu par Mario Dragunsky qui incarne ce personnage hors du commun, seul contre tous, seul face à son idéal... On comprend, on entend, on réfléchit, on s'identifie à travers la juste et touchante interprétation du comédien qui se met à la portée du public.
A ne pas manquer !

Ponthieu Marie 05/07/2007 21:53

Je ne connaissais pas le texte de Mr Dopagne , que j'ai découvert en assistant à la représentation de l'Enseigneur par la  Cie 4 cats de Bordeaux.  Avec une mise en scène inventive , originale et un texte pas toujours évident à transmettre, Mr Dragunsky  m'a émue, fait rire et réfléchir. C'est tout ce que je demande à un spectacle et je souhaite bonne route à celui-çi ; et beaucoup de spectateurs qui en retireront autant de plaiser que moi . Ce dont je ne doute pas .

François Chicaïa 02/07/2007 22:07

Une interprétation d'une sincérité remarquable du comédien-metteur en scène Mario Dragunsky.
Un texte justement bien restitué.
Le public, dont je faisais partie, a beaucoup apprécié.
Merci pour ce Bonheur partagé, Mario.
 
 

Evelyne et Fanny DUVERDIER 02/07/2007 18:02

Nous vous renvoyons la question M. VALIER avons nous vu la même pièce ? Nous avons assisté à l\\\'une des représentations de l\\\'Enseigneur et avons trouvé que l\\\'interprétation de Mario DRAGUNSKY était excellente, voire remarquable ; il nous a fait passer par une palette d\\\'émotions (rire, larmes, joie, tristesse) mélée de réalité, de fatalité, de vérités pas toujorus évidentes à transmettre et à admettre. Bref un grand moment de bonheur.
Par ailleurs suivant les stages de formation de mario Dragunsky, je m\\\'associe aux autres commentaires et témoigne de l\\\'extraordinaire empathie et professionnalisme de celui-ci. Il sait transmettre la passion de jouer. En conclusion nous avons adoré cette petite leçon drôle, vive et singlante et en redemandons.

Sylvie BERTRAND 02/07/2007 10:31

"L'ENSEIGNEUR" est une pièce qui met le doigt là où ça fait mal mais qui fait un bien fou!
Quelque chose du style: Ah!... Enfin! On en parle!!! et cela procure une bien belle respiration.
C'est vrai, beau, drôle, tendre, acide, décapant à souhait! Une belle lumière surgit de tout cela: la reconnaissance d'une profession de foi.
On réfléchit, on rit, on se retrouve, on s'attendrit, on pleure, on rêve aussi.
Un texte merveilleusement bien servi par un comédien qui sait donner la puissance juste aux mots de Jean-Pierre DOPAGNE.
Je ne puis dire que merci et encore!
Sylvie BERTRAND

Chronique Fraîche