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Festival d'Avignon

17 juillet 2003 4 17 /07 /juillet /2003 14:34
PETITES CRUAUTÉS EN FRATRIE

« Aucun de nous n’est normal dans cette famille, faut vivre avec. » Le ton est donné dès les premières minutes par Catherine, l’aînée d’une famille canadienne de quatre enfants, abandonnés par leur mère vingt ans auparavant. Chacun mène son bout de chemin dans le traumatisme de l’absence, chacun a sa façon de combler le vide.
 Arnaud Allain et Élodie Saos - Les Muses orphelines © DR

Catherine enseigne, fait office de mère de substitution et refoule l’émotionnel. Luc, écorché vif, à la masculinité perturbée dans cet aréopage de femmes où les rôles sont confus, se rêve écrivain et se travestit en sa propre mère. Isabelle, la cadette, prise avec tendresse pour la gourde de service, cristallise le besoin de maternité de tous. Là, sonne l’heure des retrouvailles avec le retour de Martine, militaire lesbienne partie pour l’Allemagne. Elle revient sur un énorme mensonge. Et ce ne sera pas le dernier dans cette fratrie de torturés qui jouent à chercher leur identité et règlent leurs comptes avec leur génitrice. Chacun se sert des autres, souvent par de malsains jeux de rôles, pour l’atteindre elle, pour s’atteindre eux-mêmes. Tous la cherchent. Tous la fuient. Tous la maudissent. Tous la désirent.

Quand on annonce l’arrivée le lendemain de la mère prodigue, les tensions s’exacerbent, les rancoeurs dégueulent et les émotions jouent à cache-cache. « On se déchire entre nous et au-dedans de nous », lâche Martine. L’amour surmontera-t-il les tourments individuels et ces petites cruautés fraternelles ?

L’auteur québécois Marc Michel Bouchard nous renvoie à la face ces incessants questionnements que nous avons tous sur notre rapport à la famille : accepter le passé et nous libérer de ce qui pèse, tracer le chemin de notre propre vie, prendre conscience de notre rôle dans le théâtre familial… Ecrite en 1988, la pièce comporte également un fond contemporain : l’émancipation de la femme, qui trompe, qui abandonne ses enfants, qui bouffe la vie à belles dents, et le regard des autres, incarné par le reste du village.

L’interprétation et la mise en scène nous restituent l’intimité, l’oppression et les désordres psychologiques, sans larmoiements, sans impudeurs, sans artifice. Un bémol : difficile de s’accommoder de l’exiguïté du lieu, qui étrique le propos et l’expression corporelle de ces jeunes talentueux comédiens. Un détail. Car notre quatuor de Muses était ce jour-là particulièrement bien inspiré.

Stephen BUNARD

Lire aussi la critique de Vincent CAMBIER.

Les Muses orphelines
Cie Sousouli
Comédie dramatique de : Marc Michel Bouchard
Adaptation française: Noëlle Renaude
Mise en scène : Shelly de Vito
Distribution : Arnaud Allain, Marie-Do Ferré, Laetitia Tomassi, Elodie Saos.
Lieu : Théâtre Alibi, Avignon. Rue des Teinturiers. Horaire : 18h - Durée : 1h20

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Published by RUEDUTHEATRE - dans Festival d'Avignon 2003
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