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Festival d'Avignon

30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 22:48
FANTÔMES OU FANTASMES...

Avec cette adaptation du célèbre roman de Henry James, la compagnie Fraction a su nous entraîner dans les arcanes psychiques et les fantasmes d'une jeune femme – la narratrice - devenue la gouvernante de deux enfants, Miles et Flora. Le récit des événements qu'elle a vécus lors de cette période de sa vie donne lieu ici à un rituel fascinant de violence suggérée auquel on assiste comme à une sorte de cauchemar.

Il y est question de fantômes – ceux de la précédente gouvernante et de l'ancien valet, personnages plus ou moins maléfiques, tous deux morts depuis des mois dans des conditions mystérieuses - revenus comme témoins à charge des turpitudes qu'ils ont dû eux-mêmes exercer en particulier sur Miles, le garçon. Mais on ne sait si ces personnages existent réellement ou s'ils ne sont pas seulement le fruit de l'imagination trop sensible de la gouvernante ou s'ils ne pourraient pas être aussi le résultat d'une manipulation perverse du jeune garçon sur la jeune femme.

Photo - Camille Carraz et Sophie Vaude © DR

La mise en scène de Jean-François Matignon, riche, complexe mais aussi dérangeante à sa manière, fait plutôt dans une violence paroxystique, à peine atténuée par la féminité des actrices et « l'inquiétante étrangeté », en contraste même avec un texte ici parfois très écrit, très « littéraire ». Les éléments scéniques et les éclairages participent fortement à l'émergence d'un univers onirique, envoûtant, inquiétant, aux accents surréalistes. Ainsi, le jeune garçon passe beaucoup de temps à fabriquer une sorte de poupée, étrange et monstrueuse, qui pourrait bien évoquer celle de Hans Bellmer ou même, au cinéma, les créatures d'un David Lynch... Le fantasme du viol, de la mort et de l'innocence bafouée est bien là, présent à chaque instant.

La dimension proprement théâtrale du spectacle ressort surtout de la forte présence et du jeu très précis des cinq comédiennes dont trois (Michèle Dorlhac, Sophie Mangin et Sophie Vaude) prêtent vie à la gouvernante, tandis que Camille Carraz interprète très bien Mrs Grose, l'intendante. L'ensemble de l'interprétation est assez homogène. On est toutefois particulièrement subjugué par le jeu subtil et ambigu d'Isabelle Provendier qui sait confèrer à Miles, le jeune garçon, cette innocence perverse, presque diabolique, suscitée par la pratique quotidienne de jeux interdits.

Henri LÉPINE
www.ruedutheatre.info

Le Tour d'Ecrou, de Henry James.
Avec Camille Carraz, Michèle Dorlhac, Sophie Mangin, Isabelle Provendier et Sophie Vaude.
Mise en scène Jean-François Matignon.

L'Entrepôt, 1ter, Bd. Champfleury, Avignon.
Jusqu'au 25 juillet à 22heures.

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Published by Henri Lépine - dans Festival Off 2006
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