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Festival d'Avignon

15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 16:27
CLAUDE SEMAL, LA CHANSON DU BOUFFON

Alors que le film belge sélectionné au dernier festival de Cannes, La Raison du plus faible, de Lucas Belvaux sort en Belgique, Claude Semal, un des comédiens-phare de ce thriller social, nous balance une «autobiographie imaginaire» à Bruxelles puis en France (Paris, Reims). Connu des aficionados, Claude Semal est un poète insolent. Son arme: le 9ème art, la chanson à texte.

Chanteur-compositeur-interpète et homme de théâtre, à 52 ans, il encaisse plus de trente ans de bouteille. Pas un gramme de ridicule dans ses textes ou dans son allure mais parfois du belgo-kitch savoureux comme ici, avec sa nouvelle création Enfant de solo, dans une mise en scène discrète et rigoureuse de Laurence Warin. Sur scène, rideau rouge, écran noir, tabouret et guitares : tout y est. Débarque Semal : chemise noire, jeans noirs, crâne rasé, les favoris sculptés. Il se déclare mort, « le meilleur moment pour faire le bilan ». Ça démarre fort. Crooner de music-hall, il prend la foule et chante « Adieu… vodka, … Adieu les filles, je cause, je cause… Adieu public, buvons bouffons ».

Photo © Véronique Vercheval

C’est parti pour plus d’une heure de spectacle. Sur l’écran, défilent en continu les photos qui marquent une vie, de la famille au « petit pays ».Un bel assemblage surréaliste signé Tanguy Cortier. Claude Semal, lui, alterne l’anecdote significative et la chanson, poétique, politique, amoureuse et même grossière. Acérée, l’autobiographie presque « imaginaire » pointe une époque, le pays, les « petites » gens (Madame Pipi), les combats trahis (Les révolutions tournent-elles toujours sur elle mêmes ?), les années alcooliques (Le Bar de Lola)…

Chacun ira de sa comparaison: Brassens, Renaud, Vian, Maxime, Julos, Ferré, Brel, etc. Mais l’artiste est singulier, au crématorium d’Uccle, il ne souhaite « ni Mozart ni adagio, juste une valse ». Faut dire qu’il reçoit la becquée de parents communistes. Moment idéal pour chanter un rendez-vous manqué: le grand-père ouvrier, saxophoniste-trotkyste. Mon pauvre Pierre: « J’aurais joué sur ton saxo, l’Internationale en solo, si tu m’avais laissé le temps». Les photos défilent toujours… Les parents divorcent «à  4 ans, en plein complexe d’Odipe» braille-t-il sur scène.

(Re)belgitude

Le divorce belge donc touche profondément Semal, explique le psychanalyste. La suite en chansons et en spectacles le prouvera, comme Noble B. « Noble Belgique, merdeau chéri-i-i-i», C’est les années 80. Pour ne pas chanter comme un con sous la douche le restant de sa vie, il décide de débarquer la salle de bain sur scène. C’est Ode à ma douche, un spectacle culte suivi de quelques autres. Aussi féroce que Noble B, Semal l’insolent monte aux barricades. «En Belgique, l’étouffement précède l’affaire. » explique-t-il avant d’empoigner sa guitare et de chanter Sémira : « Va dire en Afrique à tous tes voisins, comment les flics en Belgique accueillent tes cousins ». Action directe, effet immédiat : l’artiste réussit une prouesse. Il nous faire naître des images dans la tête et quelques sursauts dans le cerveau. La voix chaleureuse, timbrée de mille variations, et la dégaine solidement présente, Claude Semal se dévoile, intime et pudique. Lui, un solitaire bien entouré, avec ses chansons plein les poches, reste une infusion salutaire « au plat pays qui est le mien ».

Nurten AKA (Bruxelles)

Claude Semal. Jusqu’au 16 septembre à la Samaritaine (0032/2/511.33.95) puis, du 23 au 27 janvier et du 3 au 10 février 2007 à l’Espace Delvaux (0032/2/537.01.20).
En France , à Paris le 23 septembre (Forum Léo Ferré à Ivry, 01.46.72.64.68) et le 24 septembre à la salle de l’Albatros à Reims, 06.84.05.31.01 

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Published by Nurten AKA - dans En Europe 2006-07
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