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Festival d'Avignon

20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 13:16
"SKY MY HUSBAND !"

Au théâtre de l’Atelier, Benoît Lavigne met en scène trois pièces en un acte écrites par Woody Allen ; Riverside Drive, Central Park West et Old Saybrook. Adultères, au pluriel, est une succession de mensonges, de trahisons, de situations cauchemardesques, de femmes hystériques et de mâles sacrément lâches.

Avec ces trois pièces, nous retrouvons l’univers si particulier de New York ou plutôt du « Same York » allennien : Manhattan, ses lofts, ses psychiatres, ses vies de couples entremêlées, ses crises existentielles et ses dénouements cocasses. Et c’est drôle. Il dit s’être inspiré « de personnes de sa connaissance qui habitent Central Park West et, si c’est en grande partie exagéré, c’est aussi en grande partie vrai ». Et, il n’y a pas tromperie ; ces trois pièces ont été montées (volontairement) dans le plus pur esprit du cinéaste. Les lumières à peine éteintes, diverses créations vidéo sont projetées sur le mur et ces ouvertures « cinématographiques » sont comme un clin d’œil à la filmographie prolifique de l’auteur.

La première pièce entraîne le spectateur face à l’Hudson et au désarroi d’un artiste (écrivain-réalisateur) en proie à quelques remords. Comment annoncer à sa maîtresse qu’il ne compte plus quitter sa femme et qu’au contraire, il veut la reconquérir ? Ménager chèvre et chou voilà à quoi il se prépare… Mais surgissant de l’ombre, Fred, un SDF psychopathe, simplifiera à sa façon ce cruel dilemme. Dictés par les ondes émanant de l’Empire State Building, ses propos et ses actes incohérents viendront à bout du rationalisme de l’artiste. Car selon lui, « la cohérence à tout prix est la marotte des petits esprits ».

Les deux pièces suivantes, moins sombres et davantage vaudevillesques, égratignent les états d’âme des bourgeois new-yorkais installés confortablement dans des lofts ou des maisons de campagne. Untel couche avec la femme de son meilleur ami mais veut épouser la jeune patiente de sa femme, psychanalyste de renom. La bassesse des hommes, fidèlement trompeurs, et l’incompréhension des femmes, invariablement trompées, donnent matière à des dialogues drôlissimes et des prises de bec mémorables. Au cœur de la tourmente, Carol suggère à son mari profondément choqué par sa liaison avec Sam, de « doubler sa dose de prozac » afin de ne pas la culpabiliser plus longtemps.

Pascale Arbillot et Valérie Karsenti sont particulièrement excellentes dans Central Park West. Elles donnent le ton, le rythme, incarnant parfaitement les meilleures ennemies du monde. Je retiendrais également les différentes prestations de Xavier Gallais qui sur les trois pièces mène le jeu avec beaucoup d’habileté et de justesse.
Au final, Benoît Lavigne ne nous éloigne pas, dans le fond et la forme, de l’univers du réalisateur. En effet, même la scénographie et les costumes sont très largement inspirés des films de W. Allen. La tenue de Philis proche de celles de Diane Keaton dans Annie Hall, les lofts spacieux de Alice ou bien le décor cosy de la résidence secondaire très September sont autant d’éléments structurants.
En outre, la scénographe Laurence bruley collabore depuis vingt ans avec Susan Buirge, chorégraphe américaine. Avec ce « big apple touch », Adultères fait jubiler les amateurs de Woody Allen et encourage les curieux à se plonger dans ses oeuvres. Ce spectacle, par la qualité du texte et du jeu des acteurs, vaut bien la peine de délaisser son amant quelques heures…

Priscilla GUSTAVE-PERRON (Paris)

Adultères, d'après Woody Allen.
Mise en scène Benoît Lavigne

Théâtre de l’Atelier, Pl. C. Dullin 75018 Paris.
Riverside Drive à 19 h. Et Central Park West, Old Saybrook à 20 h.

Notes du metteur en scène Benoît Lavigne :

New-York – Manhattan… C’est la ville qu’il préfère. En noir et blanc, en technicolor, elle respire  et vibre au rythme de Gershwin. New-York, c’est sa ville, son amour.  Il l’écrit, la filme, la rêve, violente et fascinante, entraînante et émouvante. Elle est au cœur de son œuvre. New-Yorkais instruits et angoissés, appartenant à un milieu privilégié, comme lui, tous ses personnages vivent dans d’incroyables névroses. Il les observe, les analyse, les recrée. Avec un humour teinté de désespoir, il imagine ses concitoyens, il en rit et s’en émeut. C’est la seule chose qu’il dit connaître. C’est son inspiration, sa création.
Artiste génial, il nous fait rire et pleurer. Il accompagne nos vies, interpellant à chaque fois une part de nous-mêmes.
Adultères, c’est trois pièces en un acte, trois extraits de vie. Tout ce qui fait l’univers Allennien est ici mis en scène – l’adultère, l’amour et le sexe, Dieu et la mort, la philosophie et la psychanalyse, l’écriture et les écrivains, la création et le sens de la vie, la tragédie et la comédie. Tout y est. Mais tout n’est que divertissement. On part de la réalité. Tout semble réaliste. Et soudain, tout vole en éclat, les conventions, le langage, la normalité et l’humain. Tout explose. C’est une construction théâtrale diabolique. Une mécanique étourdissante qui s’empare du plateau. Farce et drame s’entremêlent.  Ses personnages sont simplement humains. Ils souffrent, triomphent,  se perdent, se retrouvent, toujours ils se débattent avec leurs émotions, leurs peurs et leurs désirs. Ils vivent. En cela ils nous ressemblent. Car ils sont ridicules, pitoyables, menteurs et lâches, rêveurs et désespérés, lyriques et frustrés mais ce sont surtout de grands amoureux.


 

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Published by Priscilla Gustave-Perron - dans À Paris 2006-07
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