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Festival d'Avignon

17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 19:35
SEXUS POETICUS

Un petit théâtre dans le Marais. Une simple porte qui s’ouvre sur une salle de cinquante places, à tout casser. On se croirait presque au Festival d’Avignon avec ses scènes installées dans des lieux improbables. On est d’autant plus étonné d’assister à un spectacle magistral.

Disons le tout de go, Pouchkine nous emballe. Le souffle de la pièce repousse les murs. C’est du grand théâtre. Sur scène, un homme seul, Pouchkine, interprété par Manuel Blanc. On retrouve le poète à la veille d’un duel qu’il doit mener contre Dantès. L’affront à laver ? Dantès est beau et fait rêver les femmes quand Pouchkine le laid se contente de les prendre. On sait d’emblée que Pouchkine perdra le duel et la vie. C’est donc sa dernière nuit, sa veillée d’armes. L’homme se livre à cœur ouvert, libertin insolent et tellement vivant.

Pouchkine, une œuvre, un vit.


La pièce est une adaptation du journal secret du grand poète russe mort en 1837 à la suite d’un duel avec son beau-frère. Confession érotique et tragique, le journal secret fut sorti clandestinement d’URSS en 1976 et publié aux Etats-Unis dix ans plus tard. Pouchkine raconte les ébats du poète, sa passion pour le con des femmes qui lui fait multiplier les aventures comme un saint homme qui visiterait toutes les églises pour mieux prier Dieu. La religion de Pouchkine, c’est le sexe avec lequel il relie indéfiniment la terre au ciel et l’animal à la divinité. C’est une religion sans morale sauf celle de prendre et de donner de la jouissance, ce qui n’est pas si mal. Pouchkine, païen mystique, a beaucoup donné !

Manuel Blanc incarne la passion brûlante du poète avec une intensité et un déhanché dignes des joutes érotiques qu’il nous raconte. Véritable verbe incarné, il est torride et impétueux comme un torrent. Dans cette arène théâtrale, Manuel Blanc est à la fois le taureau rugissant et le matador qui agite sa cape rouge. Quelle maestria ! Sacré acteur ! Il est servi par la mise en scène très élégante de Stéphan Guérin-Tillé qui va à l’essentiel. Pas d’accessoires si ce n’est une chaise et un drôle d’écran transparent qui fait parfois apparaître Pouchkine tel un hologramme, comme s’il revenait d’un au-delà qui pourrait être l’au-delà de la vie, l’au-delà de la mort, l’au-delà des convenances, l’au-delà du bien et du mal. Stéphan Guérin-Tillé et Manuel Blanc créent, entre réalité et fiction, un espace de vérité. la vérité d’un homme qui a la passion chevillée au corps et à l’âme. Car quand Pouchkine nous parle de son sexe, on entend vibrer son âme. Une âme russe qui raconte aussi une Russie excessive, amorale et consanguine. C’est cru. C’est d’une force érotique formidable. On sort de là chauffé à blanc avec l’envie de vivre et de baiser.

Agnès GROSSMANN (Paris)

Pouchkine, d’après « Le journal secret de Pouchkine »
Interprète : Manuel Blanc
Metteur en scène : Stéphan Guérin-Tillé

Théâtre du Marais 37 rue Volta, 75003 Paris Tel : 01 44 78 98 90
Du mercredi au samedi à 21 heures jusqu'au

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Published by RUEDUTHEATRE - dans À Paris 2006-07
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commentaires

Esprit Critique 05/11/2006 00:08

Tout à fait d'accord.Une mise en scène et une interprétation qui savent ne pas prendre de distance avec leur objet.Spectacle magistral et intense.

Chronique Fraîche