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Festival d'Avignon

30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 10:10
L'ARME DE L'HUMOUR CONTRE LES INTÉGRISMES

Entre le monokini et le monothéisme, il y a Sam Touzani et sa tchache subversive. Artiste militant, armé de son humour, il n’épargne personne, ni dieu, ni homme. Jouant de la maxime républicaine, son nouveau spectacle, "Liberté, égalité et sexualité", tire tous azimuts.

Souvenez-vous: dans son premier solo «One Human Show», Sam Touzani se dévoilait en famille d’immigré «maroxellois». Au passage, il égratignait, l’immigration, le Proche–Orient, l’égalité des sexes, la royauté, la belgitude, la religion… Son deuxième solo «Liberté, égalité, sexualité», toujours co-écrit avec Bernard Breuse et mis en scène cette fois par Ruud Gielens, Touzani continue dans la même veine insolente, la sexualité chez les musulmans en prime.

Phoro © Patrick De Spiegelaere

D’abord, en vrai show man, il accueille son public (hétéroclite), en profite pour épingler les francophones et les néerlandophones. Passe ensuite au vif du sujet, le «touzanisme», sa propre religion en trois commandements (le titre du spectacle) qu’il présente ce soir. Ce fil, mince et mal exploité, sera vite évacué au profit de la «lutte des crasses» d’un belgo-marocain-musulman, le cul entre deux cultures. On le suit près de deux heures durant dans une «déconnade» libertaire et subversive, mais un peu courte. Comme une poupée russe, dans «Liberté, égalité, sexualité», un mot entraîne un sketch, dans des digressions (trop) disparates. Ainsi, avec l’identité, Touzani nous mène de son nom de scène au Roi du Maroc, de Tintin et Miloud à Guantanamo, un Club Mohammed pour VIP (Very Important Prisoner), en TTI (Total Torture Inclued). Puis, il nous débarque au pas de la porte d’une discothèque où Touzani et ses deux potes de «Kamikaze Force», un trio de break dance se voit refuser l’entrée pour délit de faciès.

Le spectacle continue avec une halte au rayon des religions monothéistes : Touzani réfléchit à la création du monde, «en sept jours comme un budget de vacances à petits prix». Et l’Islam, «dès que tu grossis les traits les barbes s’allongent». On passe alors à Rushdie, au Vatican et on atterrit à… l’«auto-sexualité».

Père et re-père


Déboule un des moments phares du spectacle, la sexualité. Sam Touzani raconte l’attitude du père, fervent musulman et analphabète, face à la masturbation du fils, un péché «comme faire septante fois l’adultère avec sa mère». Il y a des traumatismes qui ne s’inventent pas. Sam Touzani effleure là un tabou : la sexualité chez les musulmans. De la «répression musclée» patriarcale, Sam Touzani termine par un grand moment d’émotion, la rencontre de son père spirituel, Mohammed El Baroudi, l’exilé politique marocain. Ce re-père, canalise la colère du petit et lui apprend la meilleur arme: «penser par soi-même avec des jugements révisables s’il y a lieu»…

Depuis, Sam Touzani travaille à son utopie, l’humanisme (universel), contre les étiquettes qu’on nous colle où qu’on s’accole. Sur une scène mis en rotonde par un simple rideau de velours, un tabouret et quelques lumières et musiques, l’artiste ne laisse aucun répit à son public, interagissant au moindre commentaire, habile, piquant, avec une grâce naturelle, qui lui donne tout son éclat d’interprète. Difficile d’échapper au charme scénique. Pourtant, «Liberté, égalité et sexualité» gagnerait à resserrer sa trame dans un fil plus ténu que le «touzanisme» et un minimum de divagations périphériques. Une chose est sûre : Sam Touzani a le mérite de détendre l’atmosphère dans une société crispée par la peur, repliée dans l’intolérance.

Nurten AKA (Bruxelles)

Liberté, égalité et sexualité, par Sam Touzani (humour)
Jusqu'au 22 octobre au KVS, 7 Quai aux Pierre de Taille, 1000 Bruxelles., KVS, 0032 2 /210.11.12
En tournée www.samtouzani.com  

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