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Festival d'Avignon

7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 14:10
LE MINOTAURE

Marie Ndiaye voulait écrire depuis longtemps sur les rapports entre une bonne et sa patronne. Cela aurait pu être un court roman ou même une nouvelle, mais le travail de l’écrivain au sein du bureau de lecture de France Culture lui a donné l‘idée d’écrire une pièce qui aurait pu être radiophonique mais qui est finalement devenue une pièce de théâtre.

Reste qu’Hilda pourrait se voir « les yeux fermés » tant le texte reste au centre de la mise en scène de Christophe Perton. Mais ce serait dommage car le travail scénique, outre qu’il est très esthétique, rend parfaitement compte de l’étrangeté de cette pièce peuplée de fantômes.

Au milieu de la salle Roland Topor où se joue la pièce, une longue estrade est installée en guise de scène. Le public prend place sur chaque longueur de cette estrade qui fait office de trait d’union factice entre l’habitation de la patronne et celle de sa bonne, chacune symbolisée par une simple porte. Les personnages apparaissent à l’une ou l’autre de ces portes dans des saynètes successives qui scandent l’avancée de leur relation. Les comédiens, Claire Semet et Ali Esmili, rejoins dans le dernier tiers de la pièce par Emilie Blon-Metzinger, disent leur texte debout, quasiment sans bouger mais avec une intensité qui rend compte de tous leurs mouvements intérieurs. Et c’est à une véritable tempête des sentiments que l’on assiste.

Dans une petite ville de province, Madame Lemarchand, patronne mais de gauche comme elle le répète sans cesse, veut une nouvelle bonne. Pas n‘importe laquelle. Elle veut Hilda. Elle n’a jamais eu de bonne qui s’appelait Hilda. Ce prénom lui semble paré de toutes les vertus. Elle veut embaucher Hilda et demande à Franck, le mari d’Hilda de convaincre sa femme. Jamais on ne voit Hilda. La pièce est un dialogue entre cette patronne (de gauche) et ce mari ouvrier qui va se voir petit à petit dépossédé de sa femme. Car Madame Lemarchand n’a pas seulement besoin d’Hilda pour faire le ménage et s’occuper des enfants. La jeune femme est aussi un rempart contre l’ennui, la folie, la mort. Autant dire qu’elle s’y attache… « C’est bien la nécessité physique, vitale de Madame Lemarchand, son besoin pressant et absolu d’Hilda pour la tenir en vie, qui pousse la pièce aux frontières de l’épouvante », explique Marie Ndiaye.

L’écriture est incroyablement forte et précise. Pour le metteur en scène Christophe Perton, « c’est une écriture dense, passionnante. Elle me paraît proche de celle d’un Koltès. Elle en a l’économie, la précision qui parvient d’une phrase à définir un paysage. Elle est l’exact contraire d’une écriture bavarde et naturaliste ». La relation patronne-bonne ou maître-soumis rappelle ici les histoires de vampires. Poussé à l’extrême, le personnage de la patronne devient mythique. Il nous plonge dans l’effroi. Sous couvert d’explorer une situation ordinaire, Hilda est en fait une pièce fantastique et implacable. Un choc !

Agnès GROSSMANN (Paris)

Hilda
De Marie Ndiaye
Avec Emilie Blon-Metzinger, Ali Esmili, Claire Semet
Mise en scène de Christophe Perton

Théâtre du Rond-Point 2 bis, avenue Franklin D.Roosevelt 75 008 Paris Tel : 01 44 95 98 21
Jusqu'au 25 novembre 2006.

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Published by RUEDUTHEATRE - dans À Paris 2006-07
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