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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 07:09
QUAND LES FEMMES TOMBENT LE MASQUE

Moins de deux ans après l’interruption du premier volet écrit à six mains, le trio infernal revient avec une heureuse suite, Arrête de pleurer, Pénélope 2. Si les filles ont mûri, elles n’ont rien perdu de leur énergie et de leur talent à croquer les différentes facettes du caractère féminin dans un spectacle qui sonne juste et léger.

Pénélope, Léoni et Chloé, amies depuis l’enfance, ont aujourd’hui largement dépassé la trentaine. Elles se retrouvent après plusieurs années d’absence, à l’occasion d’un enterrement. Sous les apparences, chacune des trois amies cache sa vraie personnalité, nettement moins lisse que ce qu’elles auraient bien voulu faire croire.
Léonie, caricature de la trentenaire rompue au bouddhisme et aux méthodes de relaxation zen, parle d’ouverture, d’accueil et de relaxation. Elle a préparé sa grossesse depuis de longs mois, sait exactement comment s’y prendre pour que son enfant (forcément un garçon) soit un futur gagnant. Elle respire le bien-être.
Pénélope, elle, femme-enfant naïve et terriblement cruche, ne cesse de pleurer suite au décès de son amant, qui n’avait pourtant que 65 ans.
Arrive Chloé, d’Allemagne, enceinte jusqu’au cou, mais qui tient à avoir son enfant seule. Pourquoi ? Parce que le père n’est autre que la star internationale Wesley Snipes. A moins que tout ceci ne soit qu’un mensonge.
 Photo © DR
Si chacune a cherché à se soumettre aux diktats de la femme moderne, en devenant bonne mère et bonne épouse tout en sachant rester belle et sexy, honnête travailleuse, calme, sereine et épanouie, aucune n’y est vraiment parvenue. Car il est désormais une évidence qu’on ne peut plus nier. La femme telle que décrite dans les magazines féminins n’existe pas. Et voilà bien toute la trame de l’histoire de ces trois filles « qui auraient bien aimé avoir l’air, mais qui n’ont pas l’air du tout ». Alors méthodiquement, parfois cruellement comme les filles savent l’être entre elles, mais toujours avec un humour contagieux et un sens de la répartie qui leur est propre, elles vont défaire leur masque et laisser apparaître leur vrai visage à la lumière du jour. Et finir enfin dans les bras l'une de l'autre, débarrassées des affres de l’apparence, dans une posture « totalement pathétique ».

Les trois comédiennes, co-auteures du spectacle, développent une énergie incroyable pendant plus d’une heure. Malgré un premier quart d’heure un peu poussif où l’on frôle le pire du théâtre de boulevard, dansz ce qu'il a de caricatural et lourd, le spectacle se met petit à petit en place pour finalement inattendument s’installer dans un rythme de croisière quasiment jouissif, fin et terriblement percutant. La complicité des trois comédiennes réussit à convaincre le public tant elles sont spontanées et hilarantes. L’écriture est fine, les dialogues réellement nourris, les comédiennes ne sont pas sur scène par hasard, on ne ressort pas avec l'impression d'avoir gâché sa soirée, voila au final un spectacle drôle, dont le succès bruyant colporté de bouche à oreille n'est pas une escroquerie. Ce n'est pas si souvent.

Julien GOURDON (Paris)


Arrête de pleurer Pénélope 2
Pièce  de Christine  Anglio
Mise en scène Michèle  Bernier.
Avec Christine  Anglio,  Juliette Arnaud, et Corinne Puget.

Ttheatre Fontaine - 10, rue Fontaine 75009 Paris, à partir du 19 septembre 2006.

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Published by RUEDUTHEATRE - dans À Paris 2006-07
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