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Festival d'Avignon

15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 18:56
DISCOURS FORT, CHORÉGRAPHIE FAIBLE

Robyn Orlin est originaire de l’Afrique du Sud. Dans son grand succès, We must eat our suckers with the wappers on (On doit manger nos sucettes avec leur emballage), sa troupe, le City Theater & Dance Groupe, danse un hymne d’amour qui secoue le public, et qui dénonce en même temps la propagation du SIDA en Afrique du Sud et l’indifférence de la politique et de l’économie occidentales face à cette tragédie.
 Photo © DR

En octobre 2007, Orlin a repris sa chorégraphie, Daddy, I’ve seen this piece six times before and I still don’t know why they’re hurting each other… (Papa, j’ai déjà vu cette pièce six fois, et je ne comprends toujours pas pourquoi ils se font du mal), créée en 1998. A la limite de la danse et de la performance, des personnages noirs et blancs sanglotent leurs souvenirs de l’Afrique du Sud et racontent la réalité violente durant et après l’apartheid. Ils représentent l’impuissance à vivre et à créer de toute une société.

Le plateau est entouré par le public. Les danseurs-comédiens portent en scène des objets que l’on trouve dans les supermarchés, et construisent des situations d’ordre et de désordre. Une caméra est positionnée au-dessus de la scène et va projeter le déroulement du spectacle sur des télévisions aux quatre coins de la salle. La présence de la caméra rappelle comment le regard humain est toujours plus filtré et transformé par celui des écrans. Des scènes dansées alternent avec des monologues des personnages, qui se comportent bizarrement, bougent rapidement et nerveusement. Des canards jaunes et des assiettes rouges en plastique, des tubes de la radio et des musiques africaines, typiquement exotiques, des gestes de discothèque et des gestes typiques de la danse classique remplissent la scène d’une belle cacophonie et rendent bien compte de notre réalité maladroite.

Un solo fort et beau parmi du commun

Nelisiwe Xaba, danseuse noire habillée d’un tutu blanc, tourne sur elle-même, tourne comme dans un ballet, portant un plein récipient de farine, qu’elle sème sur la scène, d’un geste rappelant le travail dans les champs, et répétant ainsi son mouvement, elle se couvre de farine, devient une danseuse blanche, perd son histoire et ses racines dans la colonisation occidentale.

Mais en dehors de cet instant de poésie, le spectacle d’Orlin est une répétition des lieux communs de la danse contemporaine à la mode. Toujours les mêmes saynètes comiques contre la danse classique et la société libérale, toujours le même collage de danses orientales et occidentales. La chorégraphie d’Orlin devient peut-être incisive présentée face à un public d’Afrique du Sud, où la domination de l’économie n’est pas encore critiquée par la politique culturelle, mais au Centre National de la Danse, ce spectacle s’ajoute à tant d’autres qui répètent le mal-être social, avec ironie, et sans proposer de solution. Nous soutenons les discours de Robyn Orlin, mais son spectacle reste une composition faible et banale : « Orlin, I’ve seen this piece six times before… ».

Mattia SCARPULLA (Paris)

Chorégraphie Daddy, I’ve seen this piece six times before and I still don’t know why they’re hurting each other…, création de Robyn Orlin et de City Theater & Dance Group, a été présentée du 3 au 14 octobre au Centre National de la Danse, Pantin.

Informations : Centre National de la Danse 1, Victor Hugo - 93507 Pantin 01 41 83 98 98 

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