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Festival d'Avignon

16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 07:28
VERTIGES TEMPORELS

Une femme ressurgit dans la vie d’un homme, elle est derrière la porte. Frank a promis à Romy, il y a vingt-huit ans, qu’il l’aimerait toujours. Aujourd’hui Frank est marié à Claudia, il est père de famille, Andy, son fils, aime Tina. La famille s’apprête à déménager, mais derrière la porte il y a la femme d’avant, bien décidée à ce que Frank, son amour de jeunesse, honore sa promesse.

D’emblée, le ton des retrouvailles est donné, la venue de Romy est une menace. La Femme d’avant est un drame, la folie meurtrière d’un personnage qui a perdu conscience du temps et tente d’effacer toutes les années qu’elle n’a pu passer avec son amour en détruisant ceux qu’il aime. L’auteur procède à une remise en question de la temporalité, en rejouant les scènes. Le passé, Le présent et le futur s’entremêlent, le désordre du temps est à l’image de la folie de Romy. Mais la réflexion sur le temps dépasse le calque psychologique sur le personnage, et conduit le spectateur à réenvisager chaque scène différemment, ainsi que chaque parole. La question de la subjectivité est posée et à plusieurs niveaux.

Photo © DR

L’espace scénique permet un mouvement perpétuel du décor. Chaque scène est ainsi rejouée dans une temporalité différente. Des projections vidéo font évoluer le regard que porte le spectateur sur la scène. La réflexion sur la subjectivité est servie par la scénographie qui apparaît comme une matérialisation du problème, le subjectif est donné à voir au sens propre et figuré.

Cependant la focalisation de la mise en scène sur l’originalité de la forme théâtrale devient au fil de la pièce préjudiciable puisque elle s’effectue au détriment du texte. L’histoire apparaît très vite comme un prétexte à une démonstration de style. La mise en scène semble terne en comparaison des questions que cherche à poser l’auteur. Les personnages sont dépourvus de profondeur, hormis Frank, interprété par Didier Sandre qui semble être le seul à croire un peu à l’histoire qu’il interprète. La direction d’acteurs pose problème puisqu’elle manque d’unité. Lorsque le rideau tombe, très précipitamment d’ailleurs, le spectateur s’interroge. Certes la pièce était intéressante, la réflexion sur la subjectivité à l’intérieur même d’une œuvre, qui par définition est subjective, crée une sorte de mise en abîme du théâtre, une interrogation sur le temps et l’art, mais le caractère convenu de la mise en scène rend l’ensemble terriblement impersonnel. Entre classique et modernité, entre théâtre de boulevard et drame, entre naturalisme et distanciation, il faut parfois choisir.

Audrey HADORN (Lyon)

La Femme d’avant
De Roland Schimmelpfennig
Mise en scène Claudia Stavisky
Création en France 2006
Avec Didier Sandre, Marie Bunel, Afra Val d’Or, Félicité Chaton, Sébastien Accart

Théâtre des Célestins, à Lyon, jusqu’au 26 Novembre 2007.

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