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Festival d'Avignon

17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 18:48
ENTRE CORPS ET MIROIR

Exemple type de la mise en abîme, l’œuvre de Marivaux fait jouer des comédiens qui interprètent des personnages jouant eux-mêmes un rôle. La prétendue endosse l’identité de sa servante qui devient la maîtresse. Le prétendu se met à la place du valet devenu patron. Pour incarner cette intrigue archi-classique, Dominique Serron a imaginé une mise en scène dans laquelle les corps disent ce que tait la parole.

L’action se passe dans les coulisses d’un théâtre, là où pendent les costumes, où sont allumés les miroirs du maquillage, où s’alignent les chaussures, où trône côté jardin une mini-régie son. Le public se retrouve dans l’intimité des interprètes. Il décèle leurs manies. Il assiste à leur échauffement. Il les voit répéter leurs mouvements, leurs gestes. Il les suit lorsqu’ils revêtent la personnalité qu’ils vont représenter. Du coup, il devient aussi celui qui sait, tout comme Orgon le père et Mario le frère savent que Silva la fille, Dorante le fiancé, Lisette la soubrette et Bourguignon le domestique ont interchangé leurs identités.
 Photo © Daniela Ginevro

Sans que le texte de Marivaux soit altéré, le parti pris de Serron consiste à accorder au corporel un discours visuel qui accompagne celui de l’auteur. Des chorégraphies expriment le non-dit du désir physique, les hésitations, les complicités qui lient entre eux ceux qui sont au courant des subterfuges. Leurs musiques rappellent au passage que le jeu de la séduction est intemporel, puisqu’elles viennent aussi bien des siècles passés que d’aujourd’hui.

Une multitude de détails aident à la perception. L’usage répété de sièges différents induit le poids de la hiérarchie sociale. La robe de Lisette laisse percer la mascarade car elle a pour fonction de masquer le devant en laissant derrière voir un autre habit plus ordinaire. Les accessoires traditionnels de la bonne permettent à Silvia d’esquisser une parodie de strip-tease, c’est-à-dire de mise à nu des stratagèmes. L’inventivité ne se dément à aucun moment. Sans pour autant que les effets soient grossis. La subtilité l’emporte avec une élégance particulière. Apparaissent avec évidence les faussetés du jeu social. Se décode en filigrane la théorie que les unions entre personnes d’origine différente ont peu de chances d’aboutir, qu’il existe une sorte de fatalité culturelle qui préside à la rencontre des êtres puisque, quoi qu’on fasse, on ne trouve, selon Marivaux, affinités qu’avec des gens semblables.

Michel VOITURIER (Lille)

Le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux
Mise en scène : Dominique Serron
Scénographie et costumes : Christine Mobers
Travail vocal : Cecilia Kankonda
Lumières : Xavier Lauwers
Interprétation (en alternance) : France Bastoen, Stéphanie Bisot (Silvia), Joëlle Franco, Laure Voglaire (Lisette), François Houart, Luc Van Grundenbeeck (Orgon), Stéphane Fenocchi, Jean-François Rossion (Mario), Patrick Brüll, Laurent Capelluto (Dorante), Toni D’Antonio, Fabrizio Rongione (Bourguignon)
Production : Infini Théâtre/Théâtre de Namur

En tournée en Belgique : le 18 novembre au Foyer culturel de Saint-Ghislain, le 21 au Centre régional de Dinant, le 23 au Forum des Pyramides à Welkenraedt, le 28 à la salle Baudouin IV de Braine-le-Comte, le 1 décembre au Foyer culturel de Péruwelz, le 5 à la MJC de Comines, le 7 à la INDSC de Beauraing, le 19 en la salle Écho d’Avignon à Viroinval, le 11 janvier au Centre culturel de Dinant, le 18 à Sivry-Rance, le 19 à Floreffe, du 20 au 23 au Centre culturel de La Louvière, du 25 au 27 au Staquet de Mouscron, le 2 février au Palace à Ath, du 5 au 10 à Ottignies, les 12 et 13 à Arlon, du 15 au 17 à Herve, les 19 et 20 à Haguenau, du 28 février au 2 mars au Centre culturel de Huy, le 3 à Sprimont, le 17 à Aiseau-Presles. En France : le 15 décembre à La Seyne-sur-Mer, du 19 au 23 mars à Clermont-Ferrand, le 10 avril à Caudry.

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