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Festival d'Avignon

21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 20:13
RAVAGES DE LA MONDIALISATION

Applaudissons à tout rompre l’idée de monter un spectacle qui s’en prend aux dérives de l’économie technocrate en train de déferler sur nos vies quotidiennes. Applaudissons mollement du bout des doigts la mise en scène de Brigitte Mounier qui s’enlise dans le statisme. Sifflons allègrement un texte de Jean-Charles Massera, auteur qui semble s’être imaginé qu’une conversation technique sur le fonctionnement d’une multinationale, ogresse prête à engloutir l’artisanat et la petite entreprise au nom de la rentabilité, puisse avoir un quelconque intérêt dramatique.
 
Les dialogues sont donc oiseux. Ils en restent au stade du style administratif, de l’énumération statistique, du rapport élucubré à l’intention d’une assemblée d’actionnaires ou de financiers. Les mots n’arrivent guère à créer des tensions entre les protagonistes. Ils sont dans leur nudité bancale sans être secourus par quelque humour au second degré, quelle ironie cinglante enrobée dans de la parodie. Il est vrai que dès l’entrée, le public est averti : un interminable discours en voix off donne le ton.

Verbiage de salon

Malgré d’épisodiques tentatives de jouer avec le corps, de pasticher le show façon télé populiste, de gesticuler de manière déjantée, la représentation stagne. Un tel pensum aurait mérité un traitement à la flamande : une invention permanente de la gestuelle et des mouvements en décalage complet avec la rationalité des paroles, un rythme de farce trépidant, un éventuel surjeu ridiculisant l’aberration des conceptions socio-économiques d’une idéologie du marché qui ignore les hommes. L’impression persiste d’assister à un verbiage de salon, à un cocktail mondain dans un bureau de gestion ou une administration de commerce extérieur où le jargon remplace les formules de politesse. Même le personnage de la fromagère italienne, opposante farouche à la dictature des énarques n’arrive à rendre ni perceptible ni crédible sa contestation.

Tout est long dans cette pièce, à commencer par le titre « Another Way Now pourrait supprimer 2800 villages d’ici 5 ans ». Il n’y a que sa durée qui ne soit pas excessive, car comme le souligne, heureusement, une des répliques : « On ne va pas passer trois heures sur les fromages ». Dommage pour le combat altermondialiste auquel ce théâtre d’intervention aurait pu être plus qu’un outil fertiliseur de débats contre la privatisation outrancière. Dommage pour des talents comme ceux de Carmela Locantore, Isabelle Carré ou Pedro Cabanas qui ne donnent pas l’impression d’y croire vraiment.

Michel VOITURIER (Lille)

Another Way Now pourrait supprimer 2800 villages d’ici 5 ans.
Texte: Jean Charles Massera
Mise en scène: Brigitte Mounier
Interprétation : Carmela Locantore, Pedro Cabanas, Isabelle Carre, Brigitte Mounier
Assistante à la Mise en Scène: Delphine Hertogs
Chorégraphie: Jean Charles di Zazzo
Production : Cie des Mers du Nord

En tournée : à Grande Synthe, espace Jeune du Moulin (03.28.23.65.50) les 24 et 25 novembre à 20h30 ; à Dunkerque, la Piscine, rue du Gouvernement (03.28.23.70.69) les 30 novembre et 1 décembre à 20h30 ; à Roubaix, au Garage, 28 avenue des Nations Unies (03 20 65 96 54) les 20, 22 et 24 mars 2007 à 20h30.

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