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Festival d'Avignon

22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 18:12
LE THÉÂTRE EST UNE FÊTE

Avec ce Barbier de Séville que nous donne actuellement le Théâtre du Chêne Noir, en coréalisation avec le Théâtre des Capucins, que dirige Marc Olinger, de la Ville de Luxembourg, on renoue avec la comédie classique, ses personnages très typés, pittoresques et socialement très bien situés, une action pleine de rebondissements, et le texte enfin de Beaumarchais dont on savoure indéfiniment et sans se lasser l'irrespectueuse élégance du style.


Les ressorts de cette comédie sont archiconnus : les amours contrariés d'un jeune homme, le comte Almaviva, le bien nommé, pour une toute jeune fille, Rosine, que son tuteur, le vieux docteur Bartholo, entend bien épouser... Arrivé à Séville où il a suivi les futurs époux, Almaviva retrouve son ancien valet Figaro, devenu barbier dans la maison du docteur. Comment, et par quels stratagèmes, prendre contact avec la jeune fille, empêcher son mariage avec Bartholo, et pour cela déjouer toutes les précautions prises par le tuteur amoureux, vieux barbon matois et, au bout d'une intrigue qui repose beaucoup sur les déguisements, les quiproquos et autres recettes définies par les codes du genre, unir le jeune comte à la jolie Rosine ; voilà l'édifice incontournable qui structure la pièce.

Photo © Christophe Olinger

Pour réussir ce spectacle, Gérard Gelas a utilisé les grands moyens au service d'une mise en scène intelligente, dynamique, très tonique, avec une pléiade de comédiens qui s'en donnent à coeur joie. Marc Olinger est un savoureux Bartholo, bien trop besogneux dans ses ruses pour ne pas se laisser prendre aux pièges des autres, Joël Delsaut, ici comédien au second degré, interprète le comte Almaviva, celui de tous les personnages qui recourt le plus aux déguisements car il doit en permanence se faire passer pour un autre afin d'approcher la jeune et exquise Rosine.
Rosine est le seul personnage féminin, mais elle est au centre de l'action. Caty Baccega sait lui conférer ce paradoxal caractère d'ingénue non dénuée de quelque rouerie.
Guillaume Lanson, le seul acteur issu de la compagnie du Chêne Noir, compose un Figaro très intéressant, intelligent, rusé et attachant, arrière petit cousin d'un Scapin qui, depuis Molière, aurait pris conscience des rapports de classe et perdu ses illusions sur le genre humain.
Roger Francel est un excellent Basile, personnage qu'il semble tirer parfois - était-ce intentionnel ? - vers l'interprétation d'un Stan Laurel.
Excellents aussi, les valets (L'Eveillé : Bernard Varin, La Jeunesse : Jean-Marc Barthélémy).

Rattaché à la modernité

Les décors et costumes d'époque, très parlants, de Daniel Jassogne servent très efficacement le spectacle. Au-delà de la désormais conformiste vision strictement classique, Gérard Gelas a voulu rattacher quelque peu ce Barbier de qualité à notre modernité. Il l'a fait certes par quelques clins d'oeil complices, parfois un peu faciles, mais aussi et surtout grâce à des musiciens intégrés à l'action et une partition musicale aux accents jazzy qui fait évoluer les personnages, le vieux Bartholo inclus, aux rythmes du boogie-woogie ou du tango ! A-t-il voulu ainsi nous rappeler que le théâtre était aussi une fête ?... Il y a alors pleinement réussi. Et lors du salut final de tous les comédiens réunis face à un public heureux et conquis, j'ai bien cru retrouver, pour ma part, non sans émotion, une sensation indéfinissable, indicible même : comme un délicieux arrière-goût des spectacles de la Cour d'Honneur, au beau temps de Jean Vilar et du T.N.P. Ma madeleine de Proust à moi, en quelque sorte...

Henri LÉPINE (Avignon)

Le Barbier de Séville, de Beaumarchais
Théâtre du Chêne Noir, jusqu'au 26 novembre, mercredi et jeudi à 19h, vendredi et samedi à 20h, dimanche à 16h, lundi et mardis séances scolaires en journée.
Tél. 04 90 82 40 57 (locations), 04 90 86 58 11 (renseignements).

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