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Festival d'Avignon

30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 23:53
LES REVENANTS HANTENT BERLIN

Après un franc succès en 2003, à Francfort, Hambourg et Oslo, l’interprétation allemande des « Revenants » de Stéphane Braunschweig, directeur du théâtre national de Strasbourg, se produit sur la scène théâtrale berlinoise à l’occasion des Berliner Festspiele.

Pourquoi avoir choisi d’interpréter Les Revenants d’Ibsen en allemand ?

Le projet de Gespenster s’est construit avec Udo Samel, mon « Woyzeck »de Munich, avec qui je voulais continuer à travailler. Le jeu des comédiens allemands convient particulièrement au texte d’Ibsen : il fait effet de contre-poids ,d’opacité. Il donne de l’epaisseur, de la chair au théâtre d’Ibsen. De plus la proximité de la langue, du norvégien à l’allemand, permet une plus grande fidelité au texte original. Vous avez déjà interprété de nombreuses œuvres de dramaturges allemands ( Büchner, Brecht, Kleist, Wedekind...).

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le théâtre allemand ?

Les auteurs allemands sont très importants pour moi. Ils soulèvent des problèmes philosophiques, tout en représentant des êtres de chair et de sang, très charnel. C’est un théâtre qui ne fait pas de rupture entre le langage et le réel. C’est un théâtre profondément ancré dans le réel mais qui sait rester très proche du texte. Que pensez-vous des mises en scène allemandes subversives type Frank Castorf? C’est un genre de théâtre qui a son intérêt : il vise une déconstruction. Ce choix de perspective implique d’écraser l’auteur. C’est intéressant mais quelque part il y a quelque chose qui manque. Il est évident que je ne travaille pas du tout de la même manière : dans un sens, je suis plus dans l’interprétation. Je cherche à aller à l’essentiel sans m’écarter de l’auteur. Je me sens plus proche des mises en scène de Michael Thalheimer, qui travaille au Deutsches Theater de Berlin.
 Photo © DR

Quels éléments vous paraissent fondamentaux dans la mise en scène des Revenants ?

J’ai voulu faire entendre la question « qu’est-ce qui fait la joie de vivre ? ». Le théâtre d’Ibsen traite de questions morales, de la vérité et du mensonge. Mais il a aussi la question du bonheur. Le personnage du fils des Revenants, incarne bien cette ambivalence : il décide de partir pour mieux vivre ; il cherche à dépasser cette dialectique du bien et du mal dans une sorte d’affirmation nietzschéenne. Les mises en scène d’Ibsen ont tendance à enfermer la pièce dans la morale. J’ai choisi de me concentrer sur les personnages pour sortir de ce schéma. Cela n’impliquait pas de passer par l’actualisation de la pièce : j’ai plutôt choisi un décor neutre et simple pour ne pas étouffer les personnages.

Sous quel angle thématique avez vous choisi d’aborder la pièce ?

A l’époque les Revenants a été percue comme une forme de tragédie greque qui reprend les thèmes chrétiens du poids du péché du père et de la culpabilité. J’ai cherché à montrer autre chose en mettant en avant le personnage de la mère qui fantasme la figure du père idéal. Elle incarne cette capacité de l’être humain à enfouir la vérité. Il me semble que c’est une question qui nous concerne plus que la notion de faute du père, profondément ancrée dans la morale chrétienne. Il y a une tendance à la méfiance pour la psychologie dans le théâtre : je pense au contraire que la psychologie est une arme contre le « théâtre à thèse ».

Propos recueillis pas Elsa ASSOUN (Berlin)

Gespenster, mis en scène par Stéphane Braunschweig, d’après Henrik Ibsen.
Haus der Berliner Festspiele, du 30.11 au 02.12.06

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