Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 18:30
JOYEUSE CONFUSION

L’auteur de la Prater-Saga réinvestit les planches de la « Volksbühne », avec une comédie intimiste, entre grotesque et dérision. Sur le modèle du théâtre de boulevard, René Pollesch nous donne une version loufoque et absurde d’une réflexion sur l’altérité.

Sur la cheminée en carton-pâte d’un salon bourgeoisement décoré style 19e, un écran télévisé reflète le public. D’emblée, les regards, sollicités, auscultent le décor et cherchent dans les hauteurs de la scène la caméra, ce miroir tantôt amusant tantôt gênant qui les intégrent de force à la mise en scène. Dès les premiers instants qui précèdent l’apparition des personnages, le ton est donné: un style incongru, ambivalent évoqué par un décor factice de théâtre dans le théâtre, tourné vers un seul objet : les autres.

Photo © Thomas Aurin

La mise en scène travaille soigneusement au subtil jeu de l’inversion : toutes les barrières de la séparation spectateurs/acteurs sont levées. La salle reste ainsi éclairée pendant toute la représentation : les acteurs peuvent observer à loisir le public présenté comme une scène. Comme pour mieux engager le spectateur dans le débat confus qui préoccuppe nos cinq personnages. « Faire un film sur les autres » c’est bien le projet autour duquel s’affairent nos sujets, sortis de la cheminée fumante en costume d’aristocrates, sur fond de musique épique. Un absurde « How did I die ? », le « comment suis-je mort » repris d’Alexandre Dumas , trône au-dessus des personnages, comme pour suggérer la portée métaphysique des dialogues hystériques, rythmés par des aller-et-venus rocambolesques. Les personnages basculent par la fenêtre, ressortent par la cheminée, se fondent dans les murs, le tout dans un décor enfumé qui ajoute à la confusion des gestes et des paroles. Les personnages en quête d’altérité changent régulièrement d’identité.

Les déchaînés Martin Wuttke et Sophie Rois, habitués des planches de la Volksbühne, se prennent avec virtuosité au jeu brouillon de Pollesch. Les paroles fusent, les sujets se mélangent, les genres se heurtent, les mots s’inversent, les phrases se répétent frénétiquement jusqu’à se vider de leur sens, dans une confusion si désopilante.
Si Pollesch lance un clin d’œil sarcastique à la rhétorique, il ne se contente pas d’un frivole badinage sur l’humanité. Il préfère user de ce joyeux laboratoire de l’absurde, où langage et identité sont mis à l’épreuve, pour célébrer la complexité de la conscience humaine, cette éternelle créatrice.

Elsa ASSOUN (Berlin)

L’Affaire Martin.
Occupe-toi de Sophie ! Par la fenêtre, Caroline ! Le Mariage de Spengler. Christine est en avance.

De René Pollesch.

Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz à Berlin. Les 07, 20 et 28 décembre 2006 à 19h30.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Chronique Fraîche