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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 23:57
FARCE CONVENUE

Un trompe l’œil où le vaudeville est mis en abyme, c’est la curiosité, hybride, que nous propose le Rideau de bruxelles. Le spectacle Occupe-toi de Feydeau nous bouscule de la Belle époque à aujourd’hui, prend appui sur la vie vaudevillesque de l’auteur français et réussit un exercice de style impeccable. La mise en scène d’Adrian Brine joue (trop) le jeu, généreux en tous points.


Décidément, on aura tout vu au théâtre ! En 2005, un auteur anglais d’origine galloise, David Lewis s’entiche un peu par hasard du maître incontesté du vaudeville, le Français Georges Feydeau (1862-1921). Il décide de relever un défi, « écrire, dit-il, une pièce à son sujet et dans son style ». Sans faille, l’auteur anglais emprunte le style, trace un vaudeville sur Feydeau accumulant les références autobiographiques et littéraires. La farce grivoise - bien évidement - se déroule dans la mécanique infernale du genre : quiproquos en cascades, amants, amantes, épouse virago, mari en caleçon, placards, portes qui claquent, billets doux dévoilés, et autres rendez-vous inopportuns. La partition se met en branle à la manière de Feydeau, « en trois actes et mouvement perpétuel », dont un acte en chambre d’hôtel, dans la garçonnière de l’auteur.
 Photo © Daniel Locu

De la Belle époque…


Quand le rideau sur le premier acte s’ouvre, quelle n’est pas la surprise du spectateur de se retrouver «au théâtre ce soir», du classique ringard (sauf votre respect!). L’intérieur, le cabinet de Georges, prend les couleurs de Paris 1900 avec ses meubles et son papier peint de notaire poussiéreux. Entre la bonne Yvette (Lara Hubimont). Monsieur (Pierre Dherte) se réveille sur un canapé, Madame (Isabelle Defossé) est rentrée de chez sa tante. Entre deux portes qui claquent, chacun est affairé. Tandis que Madame s’inquiète de son petit qui «n’a pas été» au pot, Monsieur tente péniblement de cacher une probable maîtresse (Delphine Dessambre), actrice débutante.

Dès les premières minutes est croquée le vaudeville, la maison bourgeoise parigote, de la bonne à la maîtresse planquée sous la table, de l’épouse «procureur» et du mari paniqué. Et tout s’enchaîne. Débarque l’ami médecin de famille (Bernard Cogniaux), amant de l’actrice, ainsi que le mari de cette dernière, Alphonse Habillot (Michel Israël), officier de police de son état, faiseur de cris d’animaux de toutes sortes, dont le talent n’a d’effet que sur la bonne. Rajoutez le jeune et tourmenté Levasseur (Sébastien Dutrieux), un écrivain engagé rival du grand Feydeau, et un singe dénommé De Sade. Entre les va-et-vient, Feydeau tente d’écrire une pièce, face à une actrice ambitieuse, une femme soupçonneuse, les amis, les maris, etc. Les billets doux tombent dans les mauvaises mains et tous (au deuxième acte) atterrissent en chassé- croisé à l’Hôtel Terminus…

…au sitcom

Ce n’est pas fini. Vous en laissant la surprise, sachez que le troisième acte est déboussolant. Il se déroule au présent. On y croise une fille au pair, un psychiatre sous Prozac, une maîtresse sous coke, un couple sur la touche, un débat sur la farce,… Le vaudeville, lui, comme une mécanique éternelle se poursuit tel une sitcom…

Sans conteste l’auteur David Lewis s’est magistralement occupé de Feydeau. La traduction française de John Thomas est brillante. Toutefois, la pièce semble n’être qu’un exercice de style, enfermé dans l’exploit ou la virtuosité. Mais il est relevé (heureusement) avec brio par les comédiens, tous excellents. Ne boudons pas cette pièce faussement originale dont les deux premiers actes dépendent du dernier. C’est cher payé pour une pièce de théâtre mais on y rit beaucoup.

Nurten AKA (Bruxelles)

Occupe-toi de Feydeau au Rideau de Bruxelles
Jusqu’au 31 décembre au Rideau de Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Salle M. 0032/2.507.83.61

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commentaires

daniel et charlotte braibant 21/12/2006 11:37

Du vrai théâtre, un mélange entre Perruchet, la gaudriole, la Comedia del Arte, le cirque, la Farce du Moyen Age, une vraie performance hirsute , folle et très drôle...les gens à côté de nous riaient aux larmes, nous aussi ! L\\\'apparition de Michel Israël en rocker-motard-flic-Harley inattendue est secouante ( de rire),  et B.Cogneaux (dont je connais bien l\\\'oncle Jean, 97è bsb) est remarquable dans son mime d\\\'ouverture de porte ! A propos de portes, les portes claquent beaucoup dans cette folle sarabande... et tous sont bons avec du souffle! des sportifs !
On rit, on ne s\\\'embête pas, les dames sont jolies, pas farouches, culottées et déculottées comme tous ces  joyeux acteurs, qui reprennent l\\\'ambiance Feydeau, légère, humaine , amoureuse, flirteuse, dans laquelle le cocu devient un chef et quoi de mieux que de se laisser aller à vraiment rigoler ? Deux heures qui passent très vite.
Eh! les gars ! les gamines, bravo, hein!
 

Chronique Fraîche