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Festival d'Avignon

5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 22:48
EN CHANTIER

Nourris de l’oeuvre prolifique d’un des plus grands hommes de théâtre du xxème siècle, Herbert Rolland et Claudia Gäbler ont orchestré le dernier volet de leur trilogie
« Tout est mouvement ». Histoire de rappeler au siècle présent que le monde est… transformable.

« Il faut chasser la bêtise parce qu’elle rend bêtes ceux qui la rencontrent.»
, disait Brecht qui aura combattu l’obscurantisme de son époque, jusqu’à sa mort en 1956. Amoureux de la dialectique marxiste, il aura laissé, entre autres choses, dans l’Histoire, son fameux effet de «distanciation» ou d’«étrangeté» qui pousse l’homme à s’étonner des conditions dans lesquelles il fonctionne.
 Photo © Nadia Guida

A Bruxelles, le Théâtre de la Vie est le seul lieu où le dramaturge allemand est maintenu en vie, remis en chantier, re-questionné, re-découvert avec son humour et sa poésie longtemps relégués dans les tiroirs, au profit du combat idéologique. Curieux, alors que cet Allemand de l’Est est reconnu pour avoir révolutionné le théâtre, par ses écrits et ses mises en scène, la commémoration de 2006 s’est faite dans une honteuse discrétion, notamment en Belgique.

Une passion en chantier

Seul, Herbert Rolland affiche sa passion pour Brecht et y entraîne une jeune génération d’acteurs-chanteurs. On les retrouve dans une « Rêverie de sept éléphants », qui clôt une trilogie mise en chantier, en plusieurs étapes. Ce spectacle-cabaret est né en 2004 lors d’une conférence autour de « Brecht, un auteur pour le XXIème siècle ». Nous étions à l’époque tous surpris de voir l’engouement de la salle remplie de spécialistes certes, mais aussi d’amateurs, de simples spectateurs. Très vite a été créé « Tout est mouvement » le premier volet d’un plaidoyer pour Brecht. On y déambulait parmi sept comédiens, une conférence et un cabaret final que l’on retrouve dans « Rêveries de sept éléphants », quelques masques, vidéos et textes en plus. On trouvait à l’époque, le cabaret revigorant, très jouissif. L’arsenal Brecht se déployait avec fluidité, ramené au présent sans encombre. Dans une ambiance de cabaret forain les interprètes passionnés, très différents mais complices, chantaient juste en allemand et en français.

Mauvaise surprise : la première représentation de « Rêveries de sept éléphants » nous est apparue laborieuse, sans fluidité entre les récits et les chansons ou encore dans l’exploitation d’une vidéo signée Christiane Hommelsheim et Boris Lehman. Les interprètes nous ont semblé en méforme, même le charismatique musicien allemand Nino Sandow. Pourtant, ils sont débordants d’énergie mais paraissent enfermés dans leur passion complice, parfois cacophonique, en tout cas le soir de la première. L’émotion perce tout de même, dans le chant du navire aux cinquante canons, où une jeune hôtelière rêve d’un effrayant et vibrant « Tuez-les tous. A chaque tête qui tombera, je dirai hop là! » mais aussi dans les truculentes anecdotes de « Monsieur Keuner » et au final, le fameux conseil de Bertolt Brecht qui résonne pour notre siècle. « À une époque où règne la confusion, où coule le sang, où l'on ordonne le désordre, où l'arbitraire prend force de loi, où l'humanité se déshumanise, ne dites jamais : c'est naturel, afin que rien ne passe pour non-transformable.» Le spectacle se voulait « un voyage vers Bertolt Brecht, un feu d’artifices… politique, poétique, érotique, plein d’humour, une réflexion que le monde est transformable ». Le premier soir, il manquait, hélas, quelques fusées à ce feu d’artifices. Gageons qu’au fil des représentations, ces Rêveries trouveront leur juste rythme.

Nurten AKA (Bruxelles)

Rêveries de sept éléphants, de Bertolt Brecht
Jusqu’au 9 décembre à 20h,
Théâtre de la vie, 45 rue Traversière, 12010 Bruxelles, 0032/2/219.11.86

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