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Festival d'Avignon

9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 17:36
LA NÉVROSE EN CHANTANT

Si Freud s’inscrit toujours en lettres de feu dans le livre de notre époque moderne, on se souvient moins de sa compatriote Yvette Guilbert, chanteuse réaliste et gouailleuse, immortalisée maintes fois par Toulouse-Lautrec (dont une fois en robe verte et dotée de longs gants noirs). Le père de la psychanalyse était pourtant un fervent admirateur de cette artiste « qui fustigeait les vices et les obsessions sexuelles de ses contemporains grâce à un répertoire très irrévérencieux ». Yvette Guilbert disait « compenser ce qui manquait à son décolleté par le décolleté de ses chansons ». Son interprétation valait autant par sa voix que par son talent d’actrice et séduisait toute l’intelligentsia de l’époque. Après un concert d’Yvette Guilbert à Vienne en 1931, Sigmund proposa à Yvette de faire une interprétation psychanalytique de son œuvre. L’artiste refusa, rétive à l’art de Freud. À défaut d’analyse, il naquit une amitié.

Photo © Philippe Delacroix

Délicieux comme un fantasme

Hélène Delavault, l’auteure de la pièce s’est inspirée de cette relation pour imaginer une répétition de musique où « la diva aux gants noirs » se confronte entre chaque chanson à son pianiste féru de psychanalyse freudienne. Yvette et Sigmund est une pièce qui fait la part belle à la chanson réaliste. Sur scène, un pianiste, un piano et très vite une chanteuse. Les trois jouent à part égale. Tout cela est harmonieux et joyeux. Au réalisme moqueur des chansons d’Yvette, interprétées à merveille par Hélène Delavault, chanteuse lyrique à l’origine, son pianiste, provocateur, oppose une interprétation psychanalytique des thèmes abordés dans le répertoire. Aux extrapolations erratiques de son musicien, Yvette impose son bon sens inoxydable. Hélène Delavault joue talentueusement et avec une belle sincérité cette Yvette très élégante, dont la principale marque de bon goût consiste à essayer de gommer ses défauts pour être aimable aux autres. Pas question de s’écouter ni de se regarder le nombril. On est ce que l’on veut être et l’on est maître de ses actes et de sa destinée. De la volonté, que diable, Yvette, en est l’incarnation. Ce qui n’est pas incarné n’existe pas. Tant pis ! Du vent !

Face à cette exclamation, le pianiste, interprété avec beaucoup de charme névrotique par Jean-pierre Drouet, percussionniste et compositeur de son état, essaie d’introduire des points d’interrogation et de suspension. Et cette répétition devient une parenthèse tout à fait percutante, chantée et enchantée, et d'un charme extravagant. C’est délicieux comme un fantasme. Et cela a du chien comme une chanson d’Yvette Guilbert. Dans la salle, beaucoup de seniors. Attirés par le répertoire d’Yvette ? Ils n’étaient pourtant pas nés au 19ème siècle ! En fait, ce spectacle s’adresse à tous les névrosés de France et de Navarre. Autant dire qu’il est tout public !

Agnès GROSSMANN (Paris)

Yvette et Sigmund ou les gants noirs de la psychanalyse
De Hélène Delavault
Avec Hélène Delavault et Jean-Pierre Drouet
Mise en scène de Jean-Claude Durand

Théâtre du Rond-point 2 bis, avenue Franklin D.Roosevelt 75008 Paris
Réservation : 01 44 95 98 21
Jusqu’au 23 décembre 2006

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