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Festival d'Avignon

12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 17:05
DES VIES SOUS L’ÉTEIGNOIR

Dans le cadre du festival « Scènes étrangères » de la Rose des Vents, la troupe du Nouveau Théâtre de Riga, dirigée par Alvis Hermanis, promène un spectacle sans mots. Il entre dans l’intimité de personnes âgées, abandonnées dans une promiscuité où la mort semble l’unique issue.

La volonté du groupe est de pratiquer un théâtre réalité. Les personnages incarnés et conçus par les comédiens sont saisis dans leur plus banal quotidien. Comme s’ils étaient filmés par les caméras de ces émissions de télé où l'on traque le moindre mouvement des candidats en compétition. La différence est qu’il n’y a pas de caméra, que les êtres observés sont de chair, que la production ne sélectionne pas les moments susceptibles d’émoustiller le public. Le temps se déroule. Les actions sont ordinaires. Chacun étale ses petites manies, ses comportements habituels, ses gestes intimes, ses sautes d’humeur, ses infirmités, ses facéties.

Photo © Gints Malderis

L’impression est curieuse pour des spectateurs amenés en salle via un couloir d’habitation sordide dans lequel traîne une invraisemblable brocante qu’on retrouvera d’ailleurs au sein du décor. Celui-ci, une fois enlevée la façade, révèle un bric à brac kitsch décorant trois exigus appartements individuels ainsi qu’une salle de bains et une cuisine communes. Dedans, deux couples âgés et un célibataire. Chaque univers se dévoile peu à peu, en sa crudité ordinaire, sa monotonie languissante, sa désolation permanente, ses quelques espoirs intermittents, sa routine sans objectif d’avenir. Contrairement au petit écran qui focalise ses images sur des sujets délimités, le théâtre montre l’ensemble des actions. Puisque chaque protagoniste ne cesse d’agir, il se passe toujours quelque chose et il est impossible de tout capter. D’où un sentiment de frustration entretenu volontairement chez les spectateurs et ce trouble qui naît petit à petit de ne pas assister à une œuvre théâtrale mais d’être des voyeurs de leurs semblables. La performance est saisissante. Elle évite de raconter une histoire. Elle met au jour des conduites, des relations humaines. Elle questionne sur la relégation hors circuit des individus qui sont devenus apparemment inutiles parce trop vieux. Sans être un mouroir, cette maison communautaire, dépendante de l’état, est l’antichambre du trépas.

Nul texte pour tranquilliser l’inquiétude naissante au moyen des phrases compréhensibles du langage commun. Rien que des gestes, des borborygmes, des grommelots, des respirations, des toux, des bruits corporels divers. Même l’odeur des poissons frits à la poêle vient titiller les narines du public. Il n’y a pas là de quoi s’attendrir, s’épancher en un sentimentalisme commode. Il y a là une mise en position d’entomologistes observant des insectes afin d’en analyser les mœurs, et de sociologues, disséquant les tenants et les aboutissants d’une situation socio-économique. Le théâtre reprend ses droits au salut final lorsqu’il devient évident que ces vieillards sont manifestement de jeunes comédiens.

Michel VOITURIER (Lille)

Long Life : création collective
Distribution : Guna Zarina, Baiba Broka, Kaspars Znotins, Girt Krumins, Vilis Daudzins.
Mise en scène : Alvis Hermanis
Scénographie : Monika Pormale
Lumière : Oskars Plataiskalns - Son : Gatis Builis
Production : Jaunais Rigas Teatris

Tournée : après Petit-Quevilly, Martigues, Cahors, Belfort, Créteil, Evry, Villeneuve d’Ascq, la pièce sera au Festival de Liège (B) du 15 au 22 décembre 2006. 

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commentaires

Lutin :0016: 13/12/2006 11:24

Vu le résumé ca l air sympa a voir

Chronique Fraîche