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Festival d'Avignon

16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 00:10
UNE SATIRE MUETTE DU QUOTIDIEN

Le Théâtre TKO est venu de Pologne pour le festival « Scènes étrangères » de la Rose des Vents. Ses comédiens jouent l’écrivain Bohumil Hrabal sans lui emprunter ses mots. C’est drôle, plutôt acidulé et quasi chorégraphié.

L’accueil par quelques figurants préfigure déjà ce qui suivra. Un contrôle presque policier précède un passage entre des femmes aux seins transformés en lampes de poche et comme surprises dans des attitudes de la banalité journalière. La salle est envahie par un lancinant bruit de train lancé sur ses rails. Quand vient la lumière, des valises métalliques sont dispersées dans l’espace, des êtres figés en statues prennent des attitudes d’attente, d’inquiétude, d’espérance, de lassitude, de tensions. Les images sont fortes qui se figent et redémarrent dans une atmosphère d’étrangeté.

Photo © W.Siemaszkiewicz

Le spectacle enfile des saynètes, agrémentées de musiques typiques, dans lesquelles dominent le curé et la vodka. Elles décrivent, pimentés par la caricature, des rituels englués dans une banalité qui les rend ridicules et attendrissants. Les gestes seront toujours en rupture entre l’élan et l’hésitation, l’audace et la timidité. Les mouvements balanceront entre la solitude individuelle et l’attirance vers l’autre, l’individu personnalisé et la collectivité rassurante autant qu’agaçante.

Dérision omniprésente

Au commencement, il y a le père qui attend à la maternité la naissance de son bébé. Le baptême se concrétise en libations. La cérémonie nuptiale connaît ses accrocs et sa bonne humeur factice ; elle se décline en tiraillement entre rêve amoureux et réalité pragmatique. La confession est aussi un jeu de séduction entre pasteur et pénitentes. Mort, enterrement et veuvage poursuivent le cycle et le bouclent. En leitmotiv, un chanteur de rues fait défiler dans son orgue de Barbarie des paysages de grandes capitales tandis que retentit une chanson, tube stéréotypé lié au lieu. Ainsi la dérision reste-t-elle omniprésente. Tandis que les éclairages variés de Lisek Lukowski campent chaque ambiance avec subtilité.

Les cinq interprètes se meuvent dans l’espace, le bouleverse en modifiant les places des valises devenant tour à tour décor et praticables. Sans être du mime, leur prestation présente des aspects de chorégraphie. La connivence entre les comédiens donne sa malice à un divertissement agréable que l’on classera derrière le souvenir laissé autrefois par « Le Bal » que monta Jean-Claude Penchenat avec le Théâtre du Campagnol, filmé ensuite par Scola, et dont le propos, au-delà de l’humour, suggérait des réflexions sociétales profondes.

Michel VOITURIER (Lille)

Vends maison où je ne veux plus vivre
Bohumil Hrabal (éd. Seuil, coll. Points, 1992)
Distribution : Grazyna Srebrny-Rosa, Marta Zon, Jacek Buczynski, Bartosz Cieniawa, Marciej Slota Mise en scène, adaptation et choix des musiques : Jerzy Zon
Scénographie : Joanna Jasko-Sroka
Costumes : Zofia de Ines - Lumière : Jerzy Lisek Lisowski
Production Théâtre KTO de Cracovie

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