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Festival d'Avignon

11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 11:50
ENFER, ECHOS ET FREMISSEMENTS

La dernière création d’Emio Greco et Pieter C. Scholten s’appelle Hell, Enfer. Au Théâtre de la Ville, l’atmosphère joyeuse à l'arrivée des spectateurs disparaît avec la lumière de la salle. Les spectateurs cherchent leur place enveloppés par des chansons appartenant au passé populaire des trente dernières années.

La compagnie d’Emio Greco est déjà en train de danser. Les interprètes sont habillés d’élégantes robes longues et noires, signature esthétique du chorégraphe. Ils se relaient pour conduire la danse tout en chantant en play-back. Les spectateurs sont pris par l’énergie du style d’Emio Greco : ses danses sont un mélange de gestes contemporains et néoclassiques ; chaque partie du corps semble indépendante des autres. Les danseurs deviennent des pantins bellissimes et grotesques, des chairs dansées dont les membres partent de tous les côtés en frémissant rapidement.
 Photo © Laurent Ziegler

L’entrée c'est celle des foires, ces lieux carnavalesques, ces lieux limites entre la fête et la réalité. Les danseurs sont habillés de vêtements quotidiens, qui rappelent des habits de nuit. La scène représente un monde onirique : à droite du plateau un arbre sans feuilles, à gauche une entrée éclairée par deux lignes d’ampoules qui tracent son cadre. L’arbre rappelle le seul élément naturel du désert décrit par Beckett dans En attendant Godot. Le plateau est immergé dans une lumière enfumée, les corps sont dispersés dans l’espace. Un être habillé en noir semble les diriger dans leurs gestes somnambuliques : il a un visage humain, mais son corps rappelle une ombre, une silhouette. Un autre être - ombre sans visage - danse dos aux danseurs, disparaît et ré-apparaît. Les corps frémissent sur des musiques violentes. Elles ne restent qu'un écho dans les chairs qui continuent à trembler dans le silence. Le rêve devient cauchemar.

Un cauchemar festif

Emio Greco et Pieter C. Scholten représentent l’enfer par des corps communs qui ont perdu la certitude de l’espace et du temps. Les corps sont nus, tremblants, tendus, les yeux grands ouverts sur le public. Dans une autre scène, c’est le rythme d’une marche militaire qui commande leurs gestes. Un pouvoir invisible domine et dirige les danseurs. Les deux créateurs ne donnent pas toujours les clefs pour comprendre.

Avec ce cauchemar qui rappelle notre réalité, une réalité secouée par une fête spectaculaire dans les rues et par des échos de guerre à la télévision, Emio Greco arrive à nous séduire. Ses chorégraphies sont toujours aussi merveilleuses. Les danseurs bougent avec des gestes à la fois féminins et masculins, créant une nouvelle image corporelle. Et ces chairs évoluent si rapidement que les gestes se fondent et se confondent avec la lumière. Emio Greco et Pieter C. Scholten trouvent dans notre quotidien émotif et social des bribes de joie et de folie, et les font évoluer dans un style actuel unique.
Mattia SCARPULLA (Paris)

La chorégraphie Hell, compagnie Emio Grego/ PC, a été présentée du 12 au 16 décembre 2006 au Théâtre de la Ville, Paris
Chorégraphie, conception lumières, scénographie, et son : Emio Greco et Pieter C. Scholten
Danseurs : Ty Boomershine, Vincent Colomes, Sawami Fukuoka, Emio Greco, Marta Lopes, Nicola Monaco, Maria Sannaeve, Suzan Tunca
Informations : www.theatredelaville-paris.com / 01 42 74 22 77

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