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Festival d'Avignon

14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 00:15
L'HOMMAGE LAGARCE 2006

Année Lagarce, à l’occasion du cinquantenaire de sa naissance. Le théâtre du Point du Jour de Lyon fait parti des théâtres qui rendent hommage à l’auteur et metteur en scène disparu en 1995, en accueillant la Cantatrice Chauve de Ionesco, qu'il avait mis en scène en 1991. Quinze ans après, le spectacle est repris, et l’absence du metteur en scène fait jaillir des interrogations sur la création.

François Berreur, « regard extérieur » envisage l’aventure comme un moyen de « reconstituer, le temps de quelques mois, le Théâtre de la Roulotte de 1991, confronter la réalité avec le souvenir, et faire découvrir un univers à ceux qui ne le connaissent pas. » Les Smith attendent les Martin qui viennent dîner. Une façade de maison, un petit jardin anglais, une barrière, tout commence dans un espace clos, délimité…
 Photo © DR

La banalité du décor de Laurent Peduzzi confère au propos une dimension intemporelle, accentuée par les jeux de lumière qui rendent l’univers décalé. La Cantatrice chauve, c’est aussi une œuvre où l’étrange naît du paroxysme de la banalité. Les conversations entre les personnages sont absurdes, mais ce qui est intéressant dans cette mise en scène, c’est le choix d’illustrer, grâce à la gestuelle des comédiens, chaque réplique. Les comédiens deviennent des mimes de l’implicite du texte. Le spectateur prend alors conscience de la force tragi-comique de la pièce de Ionesco. Cependant la banalité du tout n’est pas au service d’une démonstration du vide, mais plutôt d'une métaphore de l’étrangeté de l’existence.

Dérision humaine

L’œuvre de Ionesco décrypte le langage commun afin de mettre en lumière ses failles, ses absurdités. Jean-Luc Lagarce avait choisi d’insister sur la trivialité de la pièce et cela grâce à une direction d'acteur qui semble donner à chaque mot une matérialité. Le mot devient matière, l’absurde devient réel, et la Cantatrice chauve devient possible à représenter… L’univers de Ionesco se fond alors avec celui de Jean-Luc Lagarce, le spectacle possède une grande force comique. Ionesco désirait représenter « une parodie du théâtre et par là une parodie d’un certain comportement humain ».

La qualité de la mise en scène de Lagarce réside dans cette volonté d’élargir la parodie non pas à des individus mais à l'Humanité, intemporelle, banale. La preuve en est, l’histoire toute particulière de cette pièce, reprise quinze ans plus tard, avec les même acteurs, le même décor, la même mise en scène et dont le propos est toujours aussi pertinent.

Audrey HADORN (Lyon)

La Cantatrice Chauve, d’Eugène Ionesco
Mise en scène Jean-Luc Lagarce
Avec : Mireille Herbstmeyer, Jean-Louis Grinfeld, Elisabeth Mazev, Marie-Paule Sirvent, Emmanuelle Brunschwig, Olivier Achard, François Berreur, Christophe Garcia.
Regard extérieur : François Berreur.

Jusqu'au 23 décembre 2006.
Tournée dans toute la France jusqu’en Mars 2007, renseignements 03 81 21 19 78.

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