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Festival d'Avignon

18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 19:59
DÉMOCRATIE DES BARBELÉS

Du théâtre explicitement politique et extrêmement… poétique et métaphorique, c’est le pari fou de La Femme fantôme de l’auteure anglaise Kay Adshead, mis en scène par l’Ecossais installé en France, Michael Batz, sur la scène engagée du Théâtre de Poche à Bruxelles. Un Prix du meilleur seul en scène 2006 pour Carole Karemera.

La pièce raconte l’épopée effroyable d’une jeune femme noire, poète et journaliste qui a fui son pays d’Afrique, à cause de ses écrits et après avoir assistée au massacre de sa famille et s’être fait violée par des « soldats ». Munie de faux papiers, elle débarque en Grande-Bretagne et demande asile. « J’ai donné au temps un nouvel élan. Les jours féroces dansent à présent ». Plus d’une heure durant, on la suit, d'un centre de détention à la misère d’une chambre de fortune, d’une carte de séjour exceptionnel au renvoi définitif au pays d’origine, en violation de la Convention de Genève. Et on les rencontre tous, dans une exécution efficace, entre récits et interrogatoires sarcastiques à charge : flics, vigiles, médecins, hommes de lois, compagnons d’infortunes. Un monde individualiste saupoudré de mains tendues… Prise dans un tourbillon d’injustices, elle en crèvera.

Photo © DR

L’originalité de La Femme fantôme est d’être attachée comme un puzzle avec des flash-back constants, des ruptures incessantes d’une panoplie de personnages interprétée par une seule comédienne, soutenue en musique et en lumière. Il faut entendre l’entrechoc du langage imagé de l’intime à la rigidité sarcastique de l’administration, dans un espace mentale réduit à l’essentiel : un grillage terminé par des barbelés, une valise, parfois de violents spots de lumière ou des sirènes hurlantes. Entendre aussi des chants « ancestraux » d’Afrique par la musicienne Manu Gallo (ex-Zap Mama), et admirer les nombreux changements de lumières de Julia Grand qui permettent à Carole Karemera, comédienne belge d’origine rwandaise, d’entrer en scène, magistrale. Elle réussit, concentrée dans un jeu sur le fil, quasi athlétique, d’incarner dans un rythme ultra rapide, parfois en quelques mots, par un changement de voix, d’accents (africain, belge, anglais), et/ou de silhouettes, cette foule de personnages-types. Au final? Impossible de ne pas être ébranlé.

Nurten AKA (Bruxelles)

Lire aussi la critique de Gabriel HAHN.

La Femme fantôme, de Kay Adshead, jusqu'au 27 janvier au Théâtre de Poche, 1a Chemin du gymnase 1000 Bruxelles, 0032/2/647.17.27, 

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