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Festival d'Avignon

18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 20:09
PAROLES POUR LA LIBERTÉ

À mi-chemin entre le récital poétique et le théâtre d’intervention, « L’Homme en je » donne voix à des textes venus de partout, et surtout de la plume de François Marmignon, qui interprète ses poèmes créés en prison à l’occasion d’ateliers d’écriture.

Il est sur scène avec sa maladresse de comédien débutant mais avec la conviction de celui qui veut s’en sortir par la réinsertion, qui crie son vécu et son espérance. À ses côtés, une des chanteuses du groupe « Les Belles Lurettes », Martine Delannoy, et l’acteur poète Hervé Leroy. L’un et l’autre mettent à leurs interventions une persuasion venue de l’intérieur pour meubler tant l’espace scénique que celui de la parole.
Ce trio devient quatuor grâce à la présence de Bara Ravaloson batteur et contrebassiste. Son incontestable engagement physique et sa virtuosité créent des climats sonores qui soutiennent et conditionnent les rythmes du spectacle. C’est une présence active qui dialogue avec les mots, les souligne, les soutient, les magnifie.

Le propos consiste à s’approcher du problème si rebattu de la répression et de la punition. Il n’est nullement de traiter du sécuritaire. Il place le public du côté des accusés, des incarcérés. Il indique leur isolement, leur écrasement sous un système qui les dépasse, leur désarroi devant l’implacable de lois dont ils expérimentent le concret. Il pose la question non de la liberté, ce qui est un faux problème, mais de la conquête personnelle de l’autonomie afin de s’insérer plus ou moins harmonieusement dans la société.

Photo © Drama Makina

S’interroger sur la société

Celle-ci est dénoncée comme étant vouée à la consommation. Elle induit des peurs dont l’inventaire est dressé. Elle accroît les solitudes naturelles, celles déjà qui « épousent les barreaux », et elle n’offre pas souvent le travail espéré à ceux qui retrouvent le monde extérieur. Elle se lit à travers des faits divers, des confessions écrites dans le spontané des chantiers d’écriture, des textes de poètes et de chanteurs. Se mêlent les interpellations au sujet de la violence latente, les retours sur « un passé gravé dans la roche », la jouissance sensuelles de la cuisine, l’envie de prendre son envol, le ressassement des doutes, la recherche d’une identité. Car si les antécédents ne s’effacent pas, l’avenir reste à tracer.

Tout cela est matière à débat. C’est un des buts du spectacle dans sa tournée auprès d’établissements scolaires. C’est aussi le résultat d’un compagnonnage qui devrait permettre de passer du vécu mis en scène à une existence assumé en vue d’une vie neuve, du je individualiste à un je collectif.

Michel VOITURIER (Lille)

L’Homme en je
Textes : François Marmignon, Paul Louka, Jacques Brel, Victor Hugo, Aimé Césaire…
Mise en scène : Serge Ternisien
Musique : Bara Ravaloson
Production : Drama Makina
Distribution : Martine Delannoy, Hervé Leroy, François Marmignon


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