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Festival d'Avignon

1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 07:20
LENTEMENT CRIÉ

Aaron Lewis, chanteur-interprète du groupe rock STAIND, a écrit pour l’album Break the cycle des textes inspirés par sa dépendance à la drogue. Neuf chansons de l’album sont dansées par trois danseurs dans la chorégraphie Guérir la guerre d’Ingeborg Liptay.

Les corps alternent des gestes et des postures passives, - corps qui déambulent les épaules courbées ; corps qui restent immobiles, les yeux perdus dans le vide -, avec des danses criées, - les jambes et les bras s’épanouissent dans l’espace comme désarticulés. Guérir la guerre représente la guerre en chacun de nous, le conflit intérieur pour se libérer des différentes dépendances qui donnent un illusoire sentiment de liberté. Cette chorégraphie a ouvert la soirée Ingeborg Liptay à Micadanses, centre d’enseignement et des représentation de différentes disciplines de la danse, dans le cadre du festival de danse contemporaine Faits d’Hiver.

Chorégraphie Maysha © DR

La deuxième chorégraphie est un solo dansé par Ingeborg Liptay elle-même, âgée de 77 ans, qui montre dix minutes de son style minimaliste, où chaque geste est une exploration de l’espace en musique. Le solo Nomade est le développement de quelques extraits d’Intervalle, chorégraphie créée par Liptay en hommage à son maître Karin Waener, chorégraphe et pédagogue d’origine allemande.
Nomade
est construit en deux moments. La chorégraphe danse d’abord sur la musique d’Annette Peacock, et suit celle ensuite de Renaud Garcia Fons, qui a retravaillé la musique d’une autre création de Liptay, Moments Nomades. De l’hommage à Waener, ce solo devient un auto-portrait du style de Liptay. Son corps cherche l’ordre et le désordre de ses membres, il se replie sur lui-même, puis il s’ouvre. Les mouvements sont lents, le spectateur voit clairement comment le corps descend vers le sol, comment la tête, les bras et les jambes se fondent dans une forme ovale, comment le corps semble une fleur, qui s’ouvre et pénètre l’extérieur, puis meurt en s’effilochant, puis vit de nouveau, comme chaque instant de vie.

La soirée se conclut avec Maysha, chorégraphie pour trois danseurs sur la musique d’Agharta, enregistrement en concert de Miles Davis. Encore des évolutions dans la lenteur, les corps se replient l’un sur l’autre, construisent un flux d’énergie unique et hypnotique. Par ses rythmes lents, Liptay compose dans Guérir la guerre des danses criantes de malaise. Dans Nomade, la chorégraphe est seule avec son corps, sur les pas de son maître Waehner, sur les pas de ce qui lui reste à dire et à représenter pour poursuivre son existence. Dans Maysha, la lenteur du corps transmet de nouveau un conflit entre et dans les corps, mais un conflit cette fois crié dans la jouissance.

Mattia SCARPULLA (Paris)

La soirée Ingeborg Liptay a été présentée les 12 et 13 janvier 2007 au Micandanses, dans le cadre du Festival Faits d’Hiver – Danses d’auteurs 

Micadanses, studio May B, 15 rue Geoffroy l’Asnier 75004 Paris - Tél : 01 42 74 46 00.

Les chorégraphies Guérir la guerre, création 2004, et Maysha, création 2006, sont interprétés par Renaud Décor, Barbara Gaultier et Agnès de Lagausie.

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