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Festival d'Avignon

2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 07:57
ÉPOUSE-TOUFLANT

Andromaque, fière épouse fidèle à la mémoire de son mari, est servie sur un plateau d'argent par l'époustouflante mise en scène de Philippe Adrien. Pièce ambiguë dans sa construction, elle est la troisième écrite par Jean Racine et sa première grande tragédie.

L’action d’Andromaque se situe après la légendaire guerre de Troie, remportée par les Grecs. Le Grec Pyrrhus, «fils d’Achille et vainqueur de Troie» tombe amoureux d’Andromaque, sa prisonnière, la veuve du chef troyen Hector, tué par Achille. Il délaisse Hermione, qu’il doit épouser mais qu’Oreste, lui, aime follement. La veuve Andromaque est tiraillée entre sa fidélité à la mémoire de son mari et le désir de sauver son fils, pareillement prisonnier. Lorsqu’elle cède aux avances puis aux pressions de Pyrrhus et décide de l’épouser, c’est avec le projet de se donner la mort ensuite. Mais, Hermione, humiliée par cette union est ivre de colère. Elle met alors Oreste au défit de lui prouver son amour en assassinant Pyrrhus. Oreste s’exécute, mais Hermione après le meurtre, rejette Oreste et se tue sur le cadavre de Pyrrhus. Oreste sombre alors dans la folie et Andromaque devient reine.


De l’action et de l’amour

Racine ne conçoit pas la tragédie sans amour, ce dernier est ici follement malmené, mêlé aux jeux de pouvoirs et à la manipulation. Mais la tragédie classique n'en reste pas moins un terrain propice aux performances d'acteurs. Car la tragédie est un théâtre d'action.
L’interprétation que nous offre Philippe Adrien laissera une impression durable aux Montpelliérains tant les comédiens ont interprété cette tragédie avec force. Les conflits de parenté, jeu de pouvoir, la tyrannie y sont impeccablement joués par les comédiens, chacun d’eux livrant son texte avec un ton de voix lent laissant au vers toute sa musicalité. A commencer par la majestueuse Andromaque implorant Pyrrhus de la laisser à son sort avant de s’y abandonner. Catherine Le Henan possède idéalement le visage de reine et se montre limpide.

Hermione s’offre à la vue en déshabillé, le regard vif et brillant, elle reste tout au long de la pièce saisissante. Mesquine, fière et amoureuse à en mourir, c’est toute vêtue de rouge et la coiffure hirsute qu’elle se livrera à l’emportement puis à la vengeance. Christine Braconnier interprète une Hermione rouge sang. A fleur de peau mais incroyablement fragile. Et il ne fait mystère pour personne qu’elle saura conduire Oreste au drame et faire de lui un criminel.

De leurs côtés, Cléone, interprétée par Jenny Bellay avec sa perruque violette façon hérisson, Anne Agbadou-Masson (Céphise) et son jeu discret, Marc-Henri Boisse (Phoenix) et Jean-Marc Herouin (Pylade) donnent dans la sobriété.
Quant à François Raffenaud (Pyrrhus), il fait de la raison d’état un choix de moindre importance que son amour pour Andromaque, ce qui le rend presque plus humain. Il sait tout au long de la pièce incarner tour à tour des stratèges intimes, des revirements de situation avec un jeu d’émotions nuancé. Malgré un dénouement chaotique, on reste admiratif.

Christelle ZAMORA (Montpellier)


Andromaque, de Jean Racine
Mise en scène : Philippe Adrien, décors Olivier Roset, lumières Pascal Sautelet, assisté de Nadine Sarric, musique de Ghédalia Tazartès, costumes Claire Belloc, direction technique Martine Belloc et maquillages Faustine-Léa Violleau.
Avec Anne Agbadou-Masson (Céphise), Jenny Bellay (Cléone), Marc-Henri Boisse (Phoenix), Christine Braconnier (Hermione), Jean-Marc Herouin (Pylade), Catherine Le Henan (Andromaque), Bruno Ouzo (Oreste) et François Raffenaud (Pyrrhus).

Au Théâtre de Grammont Les 23 janvier, 24 janvier, 25 janvier, 26 janvier et 27 janvier 2007
Tel : 04.67.99.25.00

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