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Festival d'Avignon

3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 08:33
DANS L'OMBRE DE LA FOLIE

Il est question d’une maison en bord de mer, une maison rachetée à très faible prix que l’homme (joué par Pierre-Yves Chapalain) dit ne pas avoir pu laisser passer. Cette offre irrésistible viendrait-elle de l’état de délabrement ou de ce curieux passé qui provoque une onde malsaine dans laquelle va progressivement s’engouffrer le couple ?

Photo © DR

L’écriture simple abrite cet étrange malaise qui se construit sous nos yeux à mesure que se détruit le lieu. La scène est épurée, quelques accessoires nous indiquent des travaux qui ne semblent plus devoir finir. Cette impression se trouve renforcée par une scénographie évolutive obtenue au moyen d’une conception vidéo ingénieuse qui projette des plans en perpétuel mouvement sur le lointain et le sol. Cet effet ajoute au caractère vivant de l’étrange demeure dont on finit par se demander s’il s’agit d’une projection mentale de l’homme ou du squelette du lieu.

À mesure que progresse l’intrigue, le couple verse dans une étrange folie faite de bruits inexpliqués, de présences furtives jusqu’à ce que la femme (jouée par Laure Guillem) découvre l’étrange manuscrit rédigé par son mari qui avoue ne pas avoir pu contrôler les horribles faits sortis de son imagination. Le couple se fissure à l’instar de la maison et le spectacle prend des allures de paranormal.

Univers lynchien

La création sonore signée Grégoire Leymarie accentue le malaise par des effets qui ne sont pas sans nous rappeler ceux de l’univers lynchien de même que certains effets de lumière capables de jouer sur la présence-absence de corps sur le plateau. Une écriture au rabot capable d’infiltrer l’étrange dans le banal jusqu’à créer une situation ne non- retour où la fiction (ou peut-être la folie) prennent le pouvoir des êtres jusqu’à les déconnecter totalement de la normalité.

Tout cet ensemble converge pour donner de la valeur à ce spectacle ; car il est aussi capable de nous évoquer ses influences certaines (Joël Pommerat) ou éventuelles (on pense également aux films de Dominique Moll et - comme nous l'avons évoqué - David Lynch) tout en élaborant son univers propre. On ne saurait cependant mettre sous le boisseau que la compagnie Objets nocturnes porte en elle l’empreinte de l’esthétique créée par Joël Pommerat. Indéniable lorsque l’on sait que Philippe Carbonneaux est son assistant à la mise en scène, Pierre-Yves Chapalain, l'un des comédiens de la compagnie Louis Brouillard, Grégoire Leymarie en charge de la recherche sonore et Eric Soyer des créations lumières et scénographie. Toute une équipe gagnante au profit d'un spectacle qui gagne, par ses réelles qualités, une reconnaissance propre.

Séverine LEROY (Paris) 

Le Rachat
Une création de la compagnie Objets nocturnes sur un texte de Pierre- Yves Chapalain dans une mise en scène signée Philippe Carbonneaux.
Avec Pierre-Yves Chapalain, Laure Guillem et Airy Routier
Lumière et scénographie : Eric Soyer Création sonore : Grégoire Leymarie

Au Théâtre de l’Echangeur (M° Porte de Bagnolet), du 11 au 27 janvier 2007 Réservation : 01 43 62 06 92

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