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Festival d'Avignon

13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 17:15
BLASBAND, POURVEUR : AUTEURS BELGES À l'HONNEUR 

Simultanément, deux auteurs belges parmi les meilleurs créateurs actuels sont examinés sous toutes leurs coutures et facettes.

Un "Parcours Blasband" (2 pièces, 2 films, 1 lecture) se partage tout ce mois entre deux centres culturels : le "Jacques Franck" à Saint Gilles et l' "Espace Senghor" à Etterbeek (1). Une collaboration bien nécessaire pour tenter de cerner cet artiste prolifique autant que protéiforme : scénariste de "Une Liaison pornographique", scénariste et réalisateur de "Un honnête Commerçant" et du dernier, atypique, "La Couleur des mots", écrivain (6 ouvrages), dramaturge et metteur en scène de théâtre (une quinzaine de pièces).

Avec la reprise de "L'Invisible" et des "Témoins", sa dernière pièce représentée, est programmée une lecture de la toute dernière (avec présence de l'auteur) : "Paternel"… Un "parcours" qui n'est pas une balade nonchalante car Philippe Blasband a certainement plusieurs vies pour pouvoir ainsi nous indiquer tant de routes passionnantes, et cela à longueur de saisons !

Défragmentation ?

Paul Pourveur est un autre cas. Bien que tous les deux, vivant à Bruxelles depuis longtemps, aient en commun d'être de parfaits "zinneke" (*) - Blasband né à Téhéran de mère iranienne et de père belge, Pourveur né à Anvers de parents wallons - (donc exemplatifs du Belge moyen). Pourveur, lui, évolue à l'aise du Nord au Sud, maniant parfaitement le français comme le néerlandais (n'a-t-il pas été surnommé "le plus francophone des dramaturges flamands" ?). Scénariste, adaptateur (il ajoute alors l'allemand), écrivain primé, il écrit parfois une même pièce en deux versions ("Contusione è minima" vue en 2004 au Théâtre des Doms, Avignon) et parfois il mélange les langues dans une seule pièce ("Les B@lges")... Bref, c'est un jongleur polyglotte.

De même, il s'amuse à jongler avec des fragments de récits, des bouts de phrases, implants répétitifs comme autant de clés, maillons d'une chaîne qu'il s'amuse à faire apparaître à coup de petits flashs dans un vaste puzzle ou kaléidoscope. Et l'on s'aperçoit qu'en fait, même si la manière de raconter est tout sauf traditionnelle, il s'agit bel et bien d'une histoire, que cette histoire ainsi fragmentée nous procure des angles de vue différents, et que pour cet "Abécédaire des Temps Modernes, Tome 1 : A-H", c'est une histoire d'amour et de fureur.

"Abécédaire des Temps Modernes"

En quelques années, Michael Delaunoy, avec sa Compagnie "L'Envers du Théâtre" en accueil au Théâtre des Martyrs (2), est devenu un des metteurs en scène spécialistes de l'univers de Pourveur. Pour "l'Abécédaire…", il dirige un quatuor - il y a quelque chose de musical dans leur parfaite homogénéité - d'excellentes comédiennes : Anne-Claire, Patrizia Berti, Annick Johnson, Anne-Sophie Wilkin, quatre figures-symboles, dans une optique particulière : maquillages, costumes, ambiance lumière… qui prend des couleurs d'abîmes. La scénographie générale face/face du lieu théâtral inclue les spectateurs et, en même temps qu'elle veut les impliquer davantage, les renvoie à ces miroirs d'eux-mêmes tandis qu'au milieu, dans l'arène gothico-punkie, les conflits font rage, comme explosent les passions, au propre comme au figuré… Au départ déjà, la gageure de porter à la scène un abécédaire, et en trois parties suivant l'alphabet, avait de quoi dérouter.

C'est le fruit d'un travail en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, créé à Mons en mars 2006, nominé au Prix "Meilleur Auteur" et primé "Meilleure création technique" pour Laurent Kaye en 2006. Comme la langue (uniquement le français ici), le style, un tantinet précieux, recherché, fait se bousculer les mots avec délectation… "nonobstant" tout cela, l'histoire est située concrètement, avec détails précis, "dans la capitale d'un tout petit pays bienveillant".

Après un tel défi, relevé avec maestria par tous les participants, on se prend à se demander, avec curiosité et une certaine impatience, quelles formes prendront les deux autres volets de ce triptyque… franchement atypique. En complément à la création bruxelloise de "L'Abécédaire…" au Théâtre des Martyrs, et de "Marrakech" du 28 février au 1er avril, même théâtre, un "Focus Paul Pourveur" a été prévu : entretiens, présence des acteurs et metteurs en scène ayant travaillé sur ses textes, lectures d'inédits...

Suzane VANINA (Bruxelles)

(*) zinneke : mot du dialecte bruxellois appliqué d'abord au chien sans race, signifiant ensuite par extension bâtard, mais sans que cela soit vraiment péjoratif !

Crédits photos : dans l'ordre d'apparition
Benoît Verhaert/Les Témoins/P.Blasband © DR
N/B Paul Pourveur © DR
Affiche Abécédaire/ © photo Alessia Contu
Patrizia Berti, Annick Johnson/Abécédaire/ © photo Alessia Contu

1* CC Jacques Frank du 11.01 au 9.02 et CC Espace Senghor - www.ccjacquesfrank.be – www.centre-culturel.be - www.blasband.be - www.lacouleurdesmots.com

2* du 18 janvier au 17 février au Théâtre de la Place des Martyrs, Bruxelles- 02.223.32.08 - www.lenversdutheatre.be -

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