Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 13:55
ÊTRE OU NE PAS ÊTRE... CÉLÈBRE

Que faire quand on a dépassé la quarantaine et que l’on se retrouve confronté à sa vérité ? La nier ? L’accepter ? Mais surtout comment empêcher que tout le monde soit au courant de cette vérité ? Et en fin de compte, est-ce que tout cela a vraiment de l’importance ? Voilà des questions existentielles très "lodgiennes" !

L’écrivain anglais aime écrire sur les affres de personnages pris entre leur réussite sociale et leur ambition de départ souvent plus élevée et désintéressée. Tout l’enjeu pour eux consiste à rester en équilibre dans la position du grand écart sans rien laisser paraître. La Vérité toute nue met en scène quatre personnages, deux hommes quinquagénaires et débonnaires, deux femmes quadragénaires et ravissantes.

Adrian (Patrick Raynal) est un écrivain qui n’écrit plus. De la littérature, il ne lui reste que la gloire d’avoir écrit un roman qui connut un énorme succès. Il vit avec Eleanor (Isabelle Renaud) qui s’est mise à la poterie. Ensemble, ils forment un couple de parfaits bobos, intellos, sympas, ouverts, cools. D’ailleurs, leur intérieur qui sert de décor à la pièce est à leur image, très chaleureux et de bon goût. On s’y inviterait volontiers pour boire un thé. Un univers en équilibre que vient bousculer un matin leur vieil ami de longue date, Sam (Jacques Franz). Tous les trois se sont connus à l’université. Sam est devenu un scénariste de télévision à succès. Il débarque alors qu’il est sur le chemin de l’aéroport pour signer un gros contrat à Hollywood. Il est hors de lui. Une journaliste bien connue pour sa langue de vipère vient d’écrire un article au vitriol sur lui. Il veut se venger et demande à Adrian d’accepter à son tour une interview de cette journaliste pour la piéger. Adrian enregistrera l’interview et retranscrira le tout dans un article sanglant qu’il publiera à son tour. Effet boomerang garanti ! Adrian accepte par jeu et reçoit Fanny Tarrant (formidable Claire Nebout). Mais voilà qu’Adrian est séduit par cette jeune femme carrossée comme une voiture américaine et qui a le bon goût d’être une fan de son grand roman. Et d’ailleurs, elle veut savoir pourquoi il n’écrit plus. Flatté dans son ego, Adrian se livre plus qu’il ne devrait…

Jeu de déconstruction

La vérité toute nue, c’est un peu un jeu de l’ego. Un jeu de déconstruction. On y retrouve tous les ingrédients de David Lodge. Chacun cherche à se mettre dans la lumière sans penser qu’il dévoile en même temps sa part d’ombre. Derrière la sérénité affichée, c’est l’orage intérieur. L’amitié cache des rivalités. La réussite, des trahisons intimes. Le bonheur, quantité de compromis. Bref, le monde n’est pas comme on aurait voulu qu’il soit, et nous non plus. La recette est désormais connue. Ici, elle manque de cuisson pour être tout à fait réussie. Quelques degrés de température en plus seraient les bienvenus. Les personnages sont émouvants dans leur volonté de cacher leur secret mais on se doute très vite qu’il est dérisoire. En fait, ils n’ont pas grand-chose à cacher. La pièce aimerait bien nous le faire croire mais cela ne prend pas. Sa principale faiblesse est de mettre en scène des enjeux qui n’en sont pas. On assiste avant tout aux (trop) petits problèmes d’ego d’un microcosme qui se prend trop au sérieux. Cela pourrait être amusant, mais le texte n’y est pas. Où est passé l’humour anglais ? N’a -t-il pas survécu à la traduction française ? Il manque ici cruellement ! Les comédiens, excellents, font ce qu’ils peuvent pour donner du poids à leur personnage. En vain, tout cela est léger et bien tiède. La Vérité toute nue révèle surtout qu’elle n’était que très légèrement vêtue.

Agnès GROSSMANN (Paris)

La Vérité toute nue
De David Lodge
Mise en scène de Christophe Correia
Avec Claire Nebout, Isabelle Renauld, Patrick Raynal et jacques Frantz.

Théâtre Marigny, salle Popesco. Carré Marigny 75008
Métro : Champs Elysées-Clémenceau
En ce moment à l'affiche. Du mardi au samedi à 21 h Samedi à 16 h Dimanche à 16h30
Location : 01 53 96 70 20

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Chronique Fraîche