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Festival d'Avignon

15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 16:26
UN DRAME TRADITIONNEL

Strindberg a écrit un drame qui met en présence des classes sociales incompatibles, des conceptions amoureuses antagonistes, des rêves inaccessibles. Didier Long restitue tout cela dans l’esprit de la tradition.

Nous voici à des années-lumières de l’inventivité de Gwenaël Morin lorsqu’il mettait naguère en scène Cécile de France dans le rôle de Julie. Ici, au contraire, tout semble d’artifice. Le décor plutôt réaliste de Michel Adam finit, comme toujours lorsqu’on cherche à reproduire le réel de façon trop minutieuse, à se heurter à des détails matériels qui en détruisent l’apparence et la crédibilité. Les lumières de Gaëlle de Malglaive créent une atmosphère nocturne poétique au début pour finir dans un banal plein feu, après être passées par le ridicule d’un rougeoiement de pseudo-explosion pyrotechnique. Quant aux allusions musicales de François Peyrony, elles servent à peine de fond sonore.
 Photo © Pascal Gely - Agence Bernand

Un classique sans dépoussiérage


Les interprètes semblent eux-mêmes plus dans une optique de savoir-faire que d’émotion à transmettre. Émilie Dequenne, loin du film « Rosetta », et Bruno Wolkowitch, exilé de la série télévisée « P.J. », n’ont pas toujours l’air de croire ce qu’ils disent. Même dans les scènes paroxystiques de l’accouplement et du rasoir, l’horreur des situations ne passe guère la rampe. En revanche, Julie Marboeuf, en cuisinière bafouée dans son amour, apporte une présence particulière. Ses longs moments de jeu physique muet donnent du poids à l’ambiance lourde qui s’installe entre des êtres en crise. Il est vrai – et c’est l'un des rares mérites du metteur en scène – que les silences sont fréquents et habités de tous les non-dits.

Didier Long a aussi réussi à montrer les distances qui séparent les êtres, leurs rapprochements et leurs rebuffades en disposant les personnages sur le plateau comme des pions en train d’avancer, reculer, se croiser, se confronter. Mais cela ne suffit pas à éviter une approche trop raisonnable d’une œuvre à propos de la passion pulsionnelle. Conséquence, la pièce du dramaturge suédois apparaît vieillie. La preuve étant le déclenchement de rires de la salle à des moments cruciaux du (mélo)drame. Restent posées la problématique du désir, celle de la hiérarchie sociale, celle de la dialectique du jeu d’alternance entre volonté de dominer et besoin de soumission, celle de l’impossibilité de réaliser la majeure partie de ses rêves.

Michel VOITURIER (Belgique)

Mademoiselle Julie
Texte : August Strindberg (éd. Flammarion/Poche, 1997)
Mise en scène : Didier Long
Distribution : Émilie Dequenne, Julie Marboeuf, Bruno Wolkowitch
Scénographie : Michel Adam
Lumières : Gaëlle de Malglaive - Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz - Musique : François Peyrony Production : Scène indépendante contemporaine (SIC)

En tournée au Centre culturel de Huy le 2 février, au Théâtre royal de Namur le 3, au Centre culturel d’Auderghem du 5 au 11, au Centre culturel de Nivelles le 20.

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