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Festival d'Avignon

1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 10:49
COUPLE OUVERT À TOUT CAUCHEMAR

Thèmes et variations sur la dispute d'amoureux, c'est Hystéries par la compagnie Querelle. Tout un programme écrit et mis en scène par le jeune Alexis van Stratum, trente ans. Ici, l'amour vole (trop vite) en éclats. Un couple exécute neuf situations pourries. Entre théâtre et sketches, le miroir grossissant est simplement drôle.

En couple, la réussite est difficile et le cauchemar, facile. On le sait. Ainsi, Hystéries s'occupe de sa face sombre de l'amour : le cauchemar à deux. "Comment des êtres, qui s'aiment passionnément, finissent-ils par se détruire?" restera, à la fin du spectacle, une question à peine sans réponse. Sur scène, l'auteur-metteur en scène a imaginé neuf crises de couples pour deux personnages, interprétés, sans changement de costumes, par Cachou Kirsch (la femme) et Nicola Testa (l'homme). Entre l'homme et la femme, aucune de discrimination, l'auteur a eu l'intelligence d'"asexuer" les hystéries. Tantôt c'est la femme qui pète les plombs, tantôt c'est l'homme. Parfois la crise prend à contre-courant un cliché universel, comme cette scène cocasse où l'homme fuit le lit prétextant aussi une migraine, face à sa compagne qui elle, veut baiser "plus qu'une fois tous les deux mois"

Photo © Bernard Dubois

"Connasse, je t'aime" et même tonneau

Sans tragédie, sur le fil de la comédie à sketchs (malgré un emballage théâtral, musical et chorégraphique intéressant), les deux comédiens enchaînent les séquences et épinglent la vie à deux en enfilant simplement des crises à gogo. Celles-ci, c'est bien connu, jaillissent d'une broutille. Le rideau affreux refilé par la mère, le repas de Noël obligatoire, la discussion à sens unique autour des prochaines vacances, la crise de nerfs pour une poubelle mal placée… Les mèches s'enflamment, et les engueulades deviennent monstrueuses. Elles déversent des flots des reproches, ponctués de déclarations péremptoires : "C'est fini", "Va-t-en", "Tu m’étouffes", etc. Le mélo pathétique atteint le summum avec celui qui se casse et qui revient, avec celui qui crie "connasse" et puis "je t'aime".

Rien de neuf à l'horizon. Si la dispute amoureuse est une rengaine, le spectacle nous en redonne la mécanique, faisant transparaître faiblement le désespoir qu'il annonçait : la "dépendance" qui cloue le couple, la peur de s'engager ou d'étouffer, voire le pire, "la solitude à deux".

Fluidité inventive

Les scènes trempent donc dans ce lieu commun, avec une simplicité basique, sans le reflet nuancé de la complexité amoureuse. Reste que cette première d'un auteur possède son bouquet de répliques féroces et savoureuses. Exemple : « Je t’ai regardé, j’ai vu ton visage et je me suis dit: “Ca y est. On est en crise”». Ou encore : « - Je veux que tu m’aimes ! - Mais je t’aime… - C’est pas assez ! »

Le spectacle est séduisant, servi par une mise en scène fluide où l'on aperçoit le travail inventif d'une jeune compagnie. Ici, dans une scénographie signifiante (fauteuil et baluchons) et quelques lumières oniriques, les neuf crises sont joliment entrecoupées (et parachevées) par des chansons kitsch et des chorégraphies tristes et sensuelles.
Les interprètes, Cachou Kirsch et Nicola Testa, remplissent leurs multiples personnages avec allure malgré un jeu faiblement varié quoique touchant. Toutefois, la jeunesse (de l’écriture à la scène) semble desservir la tragicomédie du propos. La comédie passe, la tragédie pas. Le pathétique, lui, n'a pas le temps de s'installer. L’hystérie est dès lors coincée dans la drôlerie du premier, cloîtrée dans un "kot" de jeunes amoureux. Faisant la fine bouche, on regrette le style "sketch ultra rapide" malgré la rescousse de certains interludes superbes qui donnent à Hystéries une théâtralité salutaire. Enfin, une chose est sûre. Hystéries est un spectacle drôle et dynamique sur un sujet qui fonctionne toujours, signé par Querelle, une jeune compagnie à suivre, de toute façon.

Nurten AKA (Bruxelles)

Jusqu’au 24 février au Théâtre Marni, 25 rue de Vergnies, 1050 Bruxelles 0032/2/639.09.80

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